Un dispositif annoncé pour préserver la petite pêche
Le gouvernement français propose d’interdire, dès début 2027 si la procédure européenne le permet, la présence et la pêche des navires de plus de 25 mètres dans la bande des 12 milles en Manche-Est et en mer du Nord (zone CIEM 7d, du Cotentin au Pas-de-Calais). L’objectif affiché est de protéger la petite pêche côtière et de préserver la ressource halieutique face à une pression croissante.
La décision s’inscrit dans la logique du rapport remis en septembre à la ministre chargée de la Mer et de la Pêche, qui recommande plusieurs mesures pour mieux organiser la cohabitation entre activités maritimes.
Des chiffres qui étayent la proposition
Le rapport met en lumière une augmentation importante de la présence des grands navires dans la zone étudiée : une hausse de 72% en nombre de jours entre 2019 et 2025. En 2025, environ 70 bateaux de plus de 25 m ont fréquenté la zone. D’après les éléments communiqués, les petits navires (moins de 15 m) dépendent à 75% de la bande côtière, tandis que les grands navires y sont dépendants à seulement 0–5%.
| Métrique | Valeur |
|---|---|
| Augmentation de la présence (2019–2025) | +72% |
| Bateaux >25 m présents en 2025 | ~70 |
| Dépendance des petits navires à la bande côtière (<15 m) | 75% |
| Dépendance des grands navires (>25 m) | 0–5% |
Qui sera concerné ?
La mesure viserait les navires de plus de 25 m quel que soit leur pavillon. Selon le cabinet de la ministre, en pratique, une soixantaine de bateaux fréquentent la zone ; seulement quatre à cinq navires français seraient directement concernés. Avant mise en œuvre, la France doit engager une consultation auprès des États membres de l’Union européenne concernés afin de justifier cette exclusion.
Pourquoi cette décision maintenant ?
- Pression accrue sur la ressource due à l'arrivée de grands navires depuis le Brexit et d'autres facteurs.
- Concurrence renforcée dans la bande côtière, espace vital pour les petits pêcheurs locaux.
- Besoin d’une meilleure cohabitation entre usages maritimes (pêche, éolien en mer, trafic).
Pour les ports de la Manche, et en particulier les petites flottilles côtières, la mesure est présentée comme un moyen de sécuriser des zones de pêche locales essentielles aux revenus et aux traditions des communautés. Reste à savoir comment la concertation européenne et les discussions techniques permettront d’articuler protection de la ressource et libertés de navigation et d’accès des différents acteurs.
Les autorités locales et les professionnels de la pêche du littoral seront attentifs aux modalités d’application et aux éventuelles dérogations. La mise en œuvre effective dépendra du calendrier et des suites de la consultation européenne annoncée.