Un parc social sous tension, des locataires en première ligne
À Tarbes, le collectif Unitaires tire la sonnette d’alarme trois mois après les élections municipales : infiltrations, isolation insuffisante, ascenseurs souvent hors service, équipements vétustes et logements vacants forment un tableau préoccupant pour une partie du parc social.
S’appuyant sur des témoignages de locataires et un rapport récent de l’ANCOLS, le collectif pointe particulièrement la situation de la SEMI, qui gère 1 237 logements pour la commune. Selon ces éléments, le bailleur présenterait une structure financière insuffisante pour mener à bien l’entretien et les réhabilitations nécessaires.
« Certains habitants vivent parfois dans des logements dans un état indigne »,
affirment les membres du collectif, qui évoquent la résidence De-Lattre-de-Tassigny comme exemple d’un bâti nécessitant des interventions urgentes.
- Plus de 62 % des 42 500 habitants de Tarbes sont locataires;
- Plus de 11 000 personnes vivent dans un logement social dans la commune;
- La SEMI a un âge moyen de parc de 39 ans et la ville est actionnaire à 55 %.
Face à ces constats, Unitaires réclame « un plan d’urgence pour le relogement des locataires » et souhaite ouvrir un débat plus large sur la politique locale de l’habitat, estimant que la situation actuelle creuse des inégalités sociales.
Le rapport de l’ANCOLS mentionné par le collectif croise plusieurs indicateurs alarmants : une capacité financière limitée pour engager des travaux, et un taux de vacance en hausse sur 2020-2024, supérieur aux moyennes régionale et nationale. Ces logements inoccupés posent, pour le collectif, un problème d’équité quand des locataires vivent dans des logements dégradés.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Nombre d'habitants | 42 500 |
| Part des locataires | 62 % |
| Personnes en logement social | 11 000 |
| Logements gérés par SEMI | 1 237 |
| Âge moyen du parc SEMI | 39 ans |
Les demandes du collectif portent sur trois axes : prioriser la rénovation des logements les plus dégradés, lancer des opérations de relogement pour les situations les plus critiques, et revoir le modèle financier de la SEMI pour lui permettre d’engager les travaux nécessaires. Unitaires insiste aussi sur la nécessité d’un dialogue renforcé entre locataires et bailleurs.
La municipalité nouvellement élue n’a pas encore publié de réponse publique détaillée à ces revendications. Les choix à venir — subventionner des opérations, mobiliser des fonds régionaux ou redéfinir les priorités d’investissement — auront un impact direct sur la qualité de vie de milliers de Tarbais.
Pour la population, l’enjeu est concret : éviter que la précarité du logement n’aggrave des difficultés sociales déjà présentes, tout en réduisant des coûts à long terme liés à la dégradation des bâtiments. Le débat sur la gouvernance et le financement du logement social à Tarbes s’annonce ainsi au centre des mois qui viennent.