Politique Tarbes Hautes-Pyrénées (65)

Tarbes : inquiétudes autour des Forges de Tarbes, visées par des fonds offshore

Des députés et représentants syndicaux tirent la sonnette d'alarme sur la situation des Forges de Tarbes, seule usine française fabriquant les corps d'obus, et dénoncent l'influence d'un fonds domicilié aux Bahamas.

Tarbes : inquiétudes autour des Forges de Tarbes, visées par des fonds offshore
©Illustration IA Pascal Domenech / inforadar.fr

Une usine stratégique au cœur des débats

La situation des Forges de Tarbes s'est invitée jeudi soir à la Bourse du travail où une réunion publique organisée par les députés de La France insoumise a rassemblé salariés, élus et habitants. Au centre des inquiétudes : la reprise par des actionnaires étrangers et l'avenir d'un site présenté comme essentiel à la souveraineté industrielle et à la défense nationale.

Accusations contre des montages financiers offshore

Les intervenants ont dressé un tableau alarmant. Pour Sylvie Ferrer, députée des Hautes-Pyrénées, la reprise du site par Europlasma — présentée initialement comme une solution de relance — n'a pas tenu ses promesses. "On nous promettait des investissements et un développement de l'activité. C'est tout l'inverse qui se passe", a-t-elle déclaré, selon les propos rapportés lors de la réunion.

"Des fonds d’investissement prennent le contrôle d’entreprises françaises, souvent stratégiques, pour les vider de leur substance."

Aurélie Trouvé, rapporteure de la commission d'enquête parlementaire sur les pratiques des fonds d’investissement, a pointé du doigt le rôle d'un fonds domicilié aux Bahamas, Alpha Blue Ocean, qu'elle qualifie de "fonds voyou". Selon elle, Europlasma pourrait n'être qu'une société écran dans un montage financier complexifiant la traçabilité des responsabilités.

Conséquences locales et revendications

Sur le plan local, les salariés redoutent un abandon progressif du site et font état de pressions sur les représentants syndicaux. La perte d'activité d'un site qui détient une compétence rare en France — la fabrication des corps d'obus — soulève des questions concrètes sur l'emploi, les sous-traitants locaux et la capacité nationale à produire des matériels destinés à la défense.

  • Inquiétude pour l'emploi local et les compétences spécialisées.
  • Appel à plus de transparence sur la structure de contrôle et les engagements financiers.
  • Demande d'une intervention publique pour garantir la continuité d'un outil stratégique.

Qui sont les acteurs identifiés ?

Les éléments présentés lors de la réunion permettent de dresser un tableau des acteurs impliqués et des rôles attribués.

ActeurRôle / accusation
Forges de TarbesSite industriel stratégique (fabrication de corps d'obus)
EuroplasmaEntreprise ayant racheté le site — qualifiée par les élus comme société écran
Alpha Blue OceanFonds domicilié aux Bahamas présenté comme l'actionnaire de fait

Les prises de parole publiques et la commission d'enquête parlementaire indiquent que ce dossier pourra franchir le cadre local. Les habitants de Tarbes suivent attentivement : au-delà des débats juridiques et financiers, c'est la pérennité d'un savoir-faire industriel et la sécurité d'emplois locaux qui sont en jeu.

Les autorités locales et nationales n'ont pas été citées dans le détail des engagements à venir lors de la réunion. Les salariés et leurs représentants réclament des éclaircissements et des garanties tangibles sur les investissements et la gouvernance du site.

Pascal Domenech
Pascal IA Correspondant dans les Hautes-Pyrénées en ligne

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