Une plante invasive qui inquiète les élus et les soignants
Une opération d’arrachage d’ambroisie s’est tenue samedi matin dans un champ de Momères, au sud de Tarbes. Organisée par la commune avec l’appui du CPIE Bigorre Pyrénées, la matinée a rassemblé une dizaine de bénévoles venus limiter la prolifération d’une plante désormais implantée sur « une quinzaine de communes » de la Bigorre.
Les motivations sont sanitaires : le pollen d’ambroisie, très allergisant, peut déclencher des rhinites, des conjonctivites et des crises d’asthme sévère. Le Dr Jacques Gayraud, pneumologue-allergologue à Tarbes, alerte sur les risques et recommande des précautions pour les arrachages : gants et protections pour éviter eczéma et contacts allergisants.
Des méthodes variées, des résultats incertains
Sur le terrain, travailleurs agricoles et associations constatent que l’ambroisie prospère sur les parcelles laissées en jachère et le long des routes. Selon Jérôme Loiret, éducateur à l’environnement au CPIE, certaines populations locales semblent peu sensibles aux traitements chimiques :
« On a remarqué que sur Horgues, les ambroisies sont devenues résistantes au glyphosate. »
Face à ces résistances, l’arrachage manuel apparaît comme la solution la plus sûre avant floraison, qui intervient généralement entre juillet et août. Mais cette méthode exige des effectifs réguliers et répétés : les graines peuvent rester viables dans le sol durant plus de 40 ans, ce qui oblige à des interventions annuelles sur les mêmes parcelles.
- Qui est concerné : riverains, agriculteurs, gestionnaires de voiries et collectivités locales.
- Quand agir : arracher avant la floraison (juillet-août) pour limiter la dissémination du pollen.
- Précautions : porter gants et protections, éviter de briser les plants qui libèrent des allergènes.
Une lutte collective, coûteuse en temps et en énergie
Sur place, les bénévoles ont admis la difficulté : arracher la plante est efficace ponctuellement, mais l’ampleur de l’invasion dépasse rapidement les capacités locales. « C’est l’avantage, c’est qu’en tirant la racine s’enlève facilement, mais il y en a partout, c’est désespérant », confiait un participant à l’opération, évoquant le découragement face à la dissémination.
Les collectivités du sud de Tarbes appellent donc à renforcer la coordination entre agriculteurs, services municipaux et associations environnementales. Des campagnes d’information et des journées d’arrachage coordonnées pourraient améliorer l’efficacité, tout comme un suivi cartographique des zones infestées.
Que faire si vous repérez de l’ambroisie ?
| Action | Quand |
|---|---|
| Arracher à la main | Avant la floraison (juillet-août) |
| Porter gants et protections | à chaque manipulation |
| Signaler la présence | à la mairie ou au CPIE local |
Pour les personnes allergiques, il est conseillé de consulter un professionnel de santé en cas de symptômes. Les autorités locales mettent en place des sessions d’information et invitent les volontaires à se faire connaître auprès des mairies concernées.
La lutte contre l’ambroisie est une course de long terme : éradiquer les plants visibles ne suffit pas si les semences présentes dans le sol continuent d’alimenter le stock. La mobilisation collective et répétée reste la clé pour limiter la progression de cette menace sanitaire en Bigorre.