Des identifications qui relancent une enquête aux implications locales
Le parquet de Toulon a confirmé, lundi 27 juillet 2026, l’identification des ossements de deux militaires qui avaient disparu en 2022 et 2023 alors qu’ils étaient en poste dans l’agglomération toulonnaise. Il s’agit de Jacques Pakeso, originaire de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) et membre de la Marine nationale, et de Mike Gineste, légionnaire né en Polynésie. Ces confirmations relancent une instruction aux contours déjà lourds pour les victimes et pour la communauté militaire locale.
Une enquête orientée vers un système familial organisé
Les investigations, menées conjointement par les services judiciaires et les enquêteurs, dessinent le profil d’un réseau familial établi dans le Var. Fin mai, les deux parents et trois de leurs enfants ont été mis en examen pour traite d’êtres humains en bande organisée et séquestration en bande organisée. Selon le parquet, la procédure évolue désormais vers des soupçons de meurtres concernant les deux militaires identifiés : la mère et deux de ses fils sont mis en examen pour ces faits.
« L’enquête s’oriente vers une affaire de traite d'êtres humains et de meurtres, menés au sein même d'une famille établie dans le Var. »
Plusieurs témoins, parmi lesquels d’autres militaires d’origines ultramarines en poste à Toulon, ont déjà relaté des pratiques répétées : invitations à des « soirées tahitiennes », propositions d’hébergement, suivies, selon leurs déclarations, de dépouilles, violences et séquestrations. Ces éléments, réunis au fil des auditions, poussent les magistrats à envisager que d’autres victimes aient pu être ciblées sur une période longue.
Un appel à témoins maintenu
Le parquet de Toulon a confirmé qu’un appel à témoins demeure en vigueur afin d’identifier d’éventuelles autres victimes. Les enquêteurs estiment que la famille aurait accueilli des soldats au cours d’une dizaine d’années, ce qui élargit la fenêtre temporelle des investigations et la portée potentielle des investigations sur la communauté toulonnaise et outre-mer installée ici.
- Victimes identifiées : Jacques Pakeso (Nouméa) et Mike Gineste (Polynésie).
- Personnes mises en examen : deux parents et trois enfants (mis en examen fin mai pour traite et séquestration ; la mère et deux fils mis en examen pour meurtres).
- Enquête en cours : appel à témoins maintenu, recherches pour d’autres victimes potentielles.
| Événement | Date |
|---|---|
| Disparitions des militaires | 2022 et 2023 |
| Mises en examen (traite et séquestration) | Fin mai 2026 |
| Identification des ossements confirmée | 27 juillet 2026 |
Conséquences humaines et locales
La confirmation des identités permet aux familles d'entamer des démarches de recueillement et de deuil, mais laisse en suspens de nombreuses questions sur les modalités et le mobile des crimes reprochés. Pour la communauté militaire de Toulon, déjà attentif aux risques de vulnérabilité pour certains de ses membres, cette affaire soulève la nécessité d’un suivi renforcé des signalements et d’une vigilance accrue face aux situations d’exploitation.
La justice, qui poursuit ses investigations, invite toute personne disposant d’informations à se rapprocher du parquet de Toulon. Sur le plan local, les autorités devront aussi évaluer les mesures de prévention et d’accompagnement à destination des militaires, notamment ceux originaires d’Outre-mer, afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.
Les suites de l’enquête et les éventuelles nouvelles mises en examen seront attentivement suivies par les services judiciaires et la communauté toulonnaise.