Une décision judiciaire qui résonne en Occitanie
Le tribunal de commerce de Toulouse a annoncé mercredi la liquidation judiciaire de l'usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), estimant la situation « irrémédiablement compromise ». Cette décision porte un coup majeur au groupe de pâte à papier et relance l'inquiétude pour l'autre site du groupe, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), dont le sort n'a pas encore été tranché.
Le tribunal a motivé sa décision en pointant un passif important. Sur le plan local, les salariés et les élus restent mobilisés : des occupations des deux usines ont été engagées par le personnel pour « mettre leur outil de travail sous protection », selon les informations disponibles.
« situation irrémédiablement compromise, sans perspective de redressement »
Les chiffres clés connus publiquement confirment l'ampleur du dossier :
- 270 salariés sur le site de Tarascon ; autant d'emplois concernés sur le site de Saint-Gaudens.
- Un passif d'environ 105 millions d'euros grevant l'activité du groupe.
- Une offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse avait été rejetée faute de garanties supplémentaires de l'État.
| Site | Département | Salariés | Statut |
|---|---|---|---|
| Tarascon | Bouches-du-Rhône | 270 | Liquidation judiciaire (tribunal de Toulouse) |
| Saint-Gaudens | Haute-Garonne | 270 | Décision en attente |
Une offre de reprise contestée et un rôle actif de l'État et des régions
La juridiction a précédemment rejeté l'unique proposition de reprise globale présentée par M. Pigasse, malgré le soutien affiché des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le gouvernement, via le ministère délégué à l'Industrie, a toutefois déclaré être prêt à « accompagner une offre sérieuse ». Une réunion technique s'est tenue mardi entre les services de Bercy, la région Occitanie et un industriel qui a déposé une lettre d'intention pour Saint-Gaudens.
Pour obtenir un délai supplémentaire et formuler une offre ferme pour Saint-Gaudens, l'industriel devait verser une somme de 2 millions d'euros au greffe, condition fixée par le tribunal. À l'heure du rendu partiel, cette somme et la décision attendue laissent planer une incertitude sur le maintien des emplois.
Conséquences locales et perspectives
Sur le terrain, la possible disparition d'un site industriel pose plusieurs questions concrètes pour l'aire toulousaine et la Haute-Garonne :
- la sauvegarde des emplois et le calendrier des procédures de licenciement ;
- les répercussions économiques pour les sous-traitants et commerces locaux ;
- les enjeux liés à la production d'électricité du groupe (unité Biowatt SAS mentionnée dans la décision), qui avaient été au cœur des discussions avec l'État.
Les syndicats et les représentants locaux exigent des éclaircissements rapides. Du côté des pouvoirs publics, la tenue de nouvelles discussions et la réponse du tribunal concernant Saint-Gaudens seront déterminantes pour savoir si un repreneur industriel peut être trouvé et bénéficié d'un accompagnement public.
En attendant, les salariés, déjà mobilisés, cherchent à préserver au maximum l'outil de travail et à obtenir des garanties sociales pendant la procédure. La décision finale sur Saint-Gaudens, qui concerne elle aussi 270 salariés, pourrait intervenir dans les heures ou jours à venir.
Source : décision du tribunal de commerce de Toulouse et communiqués des parties impliquées.