Une alternative non invasive proposée aux patientes toulousaines
Le CHU de Toulouse a débuté, le 26 juin, la mise en œuvre d'une technique par ondes HIFU (High Intensity Focused Ultrasound) pour traiter l’endométriose avec atteinte digestive. Cinq patientes ont déjà bénéficié de ce procédé, qui consiste à focaliser des ultrasons pour provoquer une hyperthermie destructive au niveau des lésions, sans incision abdominale.
Utilisée depuis une dizaine d'années au CHU toulousain pour des cancers de la prostate, cette technologie a été adaptée pour l'endométriose par les équipes de gynécologie et d'imagerie. La procédure est réalisée par la professeure Elodie Chantalat, chirurgienne gynécologue, en collaboration avec la radiologue Marie‑Charlotte Delchier. Elle s'inspire d'une mise en place antérieure conduite à Lyon par le professeur Gil Dubernard.
- Durée de l’intervention : 30 à 60 minutes.
- Modalité : intervention non chirurgicale, réalisée sous anesthésie générale au bloc opératoire.
- Hospitalisation : surveillance la nuit suivant l’intervention ; la prise en charge pourrait devenir ambulatoire à terme.
- Nombre de patientes traitées à Toulouse : 5 depuis le 26 juin.
« C’est un traitement par ultrasons focalisés à haute intensité et avec une hyperthermie associée », explique la professeure Elodie Chantalat.
Pourquoi cette alternative est importante
En France, environ 2 millions de femmes sont concernées par l'endométriose ; parmi elles, 20% présentent des lésions au niveau du rectum. Ces atteintes peuvent provoquer douleurs intenses, troubles digestifs (diarrhées, constipations, envies fréquentes d’aller à la selle) et dyspareunie.
Jusqu’à présent, lorsque le traitement médical était insuffisant, l’option majeure restait la chirurgie : une intervention de deux à trois heures visant à retirer les lésions rectales. Outre la durée opératoire, cette chirurgie comporte un risque de complications et peut nécessiter, temporairement, la pose d’une stomie pour permettre la cicatrisation intestinale.
La technique HIFU se présente comme une alternative moins invasive capable de détruire les lésions sans ouvrir l’abdomen. D’après l’équipe toulousaine, la sonde introduite dans le rectum détruit le foyer pathologique « au point où se focalisent les ultrasons », sans brûler la paroi rectale elle‑même.
Conséquences locales et perspectives
Pour les patientes de la métropole et du département, l’apparition de cette offre de soin au CHU toulousain peut significativement modifier les parcours thérapeutiques en réduisant la nécessité d’interventions lourdes et leurs suites. À court terme, l’équipe continue d’évaluer le dispositif sur un nombre limité de cas ; l’objectif affiché est de rendre la procédure accessible en ambulatoire lorsque la sécurité post‑opératoire le permettra.
Sur le plan organisationnel, intégrer cette technique implique une coordination étroite entre gynécologie, radiologie et anesthésie, ainsi qu’un suivi post‑procédure pour mesurer efficacité et risques. Les patientes concernées par une endométriose rectale et leurs médecins référents peuvent se rapprocher du CHU pour savoir si cette option thérapeutique est envisageable dans leur cas.
| Élément | Donnée citée |
|---|---|
| Patientes traitées (début) | 5 |
| Population française affectée | 2 millions de femmes |
| Part des lésions rectales | 20% |
| Durée chirurgie conventionnelle | 2 à 3 heures |
| Durée HIFU | 30 à 60 minutes |
Cette avancée localisée au CHU de Toulouse illustre la migration vers des traitements moins invasifs pour des pathologies gynécologiques complexes. Les résultats à moyen terme et le recul sur la sécurité détermineront si la méthode deviendra un standard de prise en charge pour l'endométriose digestive.
Sources : CHU de Toulouse, déclarations de la professeure Elodie Chantalat et informations de presse sur l'implantation initiale à Lyon.