Un mystère qui pèse depuis 1996
Le 19 juillet 1996, le plateau des lacs, dans le massif du Taillefer au-dessus de Grenoble, fut le théâtre d’une disparition qui n’a jamais livré tous ses secrets. Léo Balley, âgé de 6 ans et demi, quittait un campement avec des adultes puis, fatigué, rebroussait chemin seul pour rejoindre les tentes. Il n’effectuait toutefois jamais les quelques centaines de mètres qui le séparait du camp.
En quelques heures, un dispositif exceptionnel est déclenché : gendarmes, CRS de montagne, secouristes, militaires, maîtres‑chiens, hélicoptères et des centaines de bénévoles parcourent le secteur. Les lacs du plateau sont sondés, les falaises et ravins inspectés, les pierriers ratissés. Les recherches, intenses les premiers jours, se poursuivront ensuite par à-coups pendant plusieurs semaines puis sur plusieurs années, sans produire d’indice matériel susceptible d’expliquer la disparition.
Hypothèses étudiées et enquête
Plusieurs hypothèses sont envisagées par les enquêteurs dès les premiers jours :
- un accident en montagne, compte tenu du relief abrupte du plateau des lacs situé à plus de 2 000 mètres d’altitude ;
- une disparition volontaire, rapidement écartée vu l’âge de l’enfant ;
- une piste criminelle, relancée par des témoignages faisant état d’un véhicule suspect dans le secteur ce jour-là.
Aucune de ces pistes n’a pour l’heure permis de produire un élément décisif. Au fil des années, l’affaire s’est inscrite dans un faisceau plus large : celle des « Disparus de l’Isère », qui regroupe plusieurs disparitions et meurtres d’enfants intervenus dans le département durant les années 1980 et 1990.
Relance d’enquête : la création de la cellule « Mineurs 38 »
Face à la persistance d’interrogations et pour tenter de recouper les dossiers, une structure spécifique a été mise en place en 2008 : la cellule d’enquête « Mineurs 38 ». Sa mission : réexaminer les anciennes affaires impliquant des mineurs dans le département et rechercher d’éventuels liens entre dossiers. L’affaire de Léo figure parmi celles qui ont été rouvertes et analysées dans ce cadre.
Conséquences locales et questions restées ouvertes
Trente ans après, la disparition de Léo continue d’interroger familles, habitants du massif et services de secours. Elle rappelle les dangers associés à la fréquentation des espaces montagnards par de jeunes enfants et pose la question de l’organisation des campements en altitude, de la vigilance collective et des dispositifs d’alerte immédiats.
| date | événement |
|---|---|
| 19 juillet 1996 | Disparition de Léo Balley sur le plateau des lacs (Taillefer) |
| Juillet-août 1996 | Recherches massives par services de secours et bénévoles |
| 2008 | Création de la cellule d’enquête « Mineurs 38 » |
Ce qui reste à faire
Sans nouvel élément matériel ou témoignage probant, le dossier reste en l’état. La remise en perspective des archives, l’exploitation d’éventuelles traces nouvelles ou le recoupement de témoignages anciens sont parmi les rares leviers susceptibles de faire avancer l’enquête. Pour la population locale et les proches, l’espoir d’une résolution perdure malgré l’angoisse du temps qui passe.