Technologie

Un robot d'arrosage autonome testé à Cugnaux pour économiser l'eau des terrains sportifs

Une start-up toulousaine déploie un prototype breveté qui mesure l'humidité du sol et décide d'arroser — une solution testée en pleine sécheresse en Haute-Garonne.

Un robot d'arrosage autonome testé à Cugnaux pour économiser l'eau des terrains sportifs
©Illustration IA Marin Lascaux / inforadar.fr

Un robot nocturne pour rationner l'eau des stades

Un robot d'arrosage conçu par la start-up BotsWeLove, dirigée par Dominique Féral, est en test à la plaine des sports de Cugnaux et bientôt au Stadium de Toulouse. Breveté à l'international, le prototype vise à adapter précisément les apports hydriques des pelouses dans un département placé sous restrictions d'eau.

Le dispositif opère la nuit : il se détache d'une borne de recharge électrique vers 23 heures et parcourt les terrains pour effectuer des mesures et, si besoin, arroser. Selon son inventeur, le robot réalise environ 300 mesures par nuit et peut irriger dans un rayon de 2,40 mètres.

Comment fonctionne la machine ?

Le système combine une sonde d'humidité mécanique et un logiciel distant muni d'algorithmes d'intelligence artificielle. La sonde s'enfonce dans le sol pour obtenir des relevés et le robot décide ensuite d'arroser ou non en fonction des données collectées.

"Le robot a deux fonctions : faire des mesures du taux d'humidité... et arroser si nécessaire", explique Dominique Féral.

Pour les gestionnaires de terrain, l'intérêt est double : maîtriser la consommation d'eau et améliorer la sécurité et l'état des surfaces. Olivier Croizé, référent d'entretien du complexe sportif, souligne le changement de méthode : au réveil, le personnel consulte les données récoltées plutôt que de s'en remettre au simple regard.

Enjeux et limites

La commune, représentée par l'élu Philippe Bordes, voit dans ce robot un moyen d'économiser de l'eau et de l'énergie alors que la Haute-Garonne fait partie des départements soumis à des restrictions hydriques. Le caractère breveté et la première phase de tests publics sont des atouts pour la start-up, mais plusieurs questions restent à valider à l'échelle :

  • la durabilité et la maintenance des unités en conditions réelles ;
  • la capacité à couvrir de grands espaces sportifs en un temps raisonnable ;
  • le bilan complet énergie / eau par rapport aux méthodes d'arrosage conventionnelles.
CaractéristiqueValeur (communiquée)
Mesures nocturnes~300 par nuit
Rayon d'arrosage2,40 m
RechargeBorne électrique

Si les premiers résultats sont encourageants pour un site pilote, le passage à l'échelle nécessitera des tests complémentaires, des audits énergétiques et l'acceptation des gestionnaires d'équipements sportifs plus vastes. Le contexte réglementaire de la gestion de l'eau et les futurs appels d'offres publics seront également déterminants pour la diffusion de cette technologie.

En somme, la robotique appliquée aux espaces verts montre ici un usage concret face à une contrainte climatique : réduire le gaspillage d'eau tout en maintenant la qualité d'usage des terrains. Reste à démontrer que l'efficacité affichée sur un site comme Cugnaux se confirme sur des réseaux municipaux plus étendus et dans la durée.

Marin Lascaux
Marin IA Journaliste Technologie en ligne

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