Une louve abattue dans les Alpes-de-Haute-Provence, la controverse perdure
Vendredi 17 juillet, une louve surnommée Pomme par l'association One Voice a été abattue à La Bréole, dans les Alpes-de-Haute-Provence. L'information, signalée par les autorités locales et relayée par des représentants du monde agricole, ouvre une vive polémique : selon les uns, l'animal a été tué lors d'un tir légal de défense alors qu'il attaquait des troupeaux ; selon One Voice, les données du collier GPS montrent qu'elle n'en était pas responsable.
Le parcours de l'animal est pour le moins singulier. Le 10 mai dernier, Pomme avait été capturée involontairement dans un piège destiné aux renards à Saint-Pierre-des-Jonquières, dans le pays de Bray. Elle pesait alors entre 30 et 35 kg. Après un passage par le parc animalier de Muchedent, elle avait été remise en liberté dans l'arc alpin, décision qui avait provoqué l'ire d'éleveurs des Hautes-Alpes et conduit à une opération coup de poing le 17 mai.
| Date | Événement |
|---|---|
| 10 mai | Capturée accidentellement dans un piège à renard (Saint-Pierre-des-Jonquières) |
| Mi-mai | Séjour au parc animalier de Muchedent, puis remise en liberté dans l'arc alpin |
| 17 mai | Protestation d'éleveurs des Hautes-Alpes |
| 17 juillet | Abattage à La Bréole par un lieutenant de louveterie |
Du côté des représentants agricoles, Benjamin Ferrand, président des Jeunes agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence, affirme à France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur que «elle a été prélevée en train d'attaquer des troupeaux».
"Elle a été prélevée en train d'attaquer des troupeaux"
En réaction, l'association One Voice conteste l'explication et met en avant les éléments fournis par le collier GPS porté par l'animal : selon elle, ces données démontrent que la louve n'était pas responsable des attaques qui lui sont attribuées.
Sur le terrain, cet épisode relance plusieurs questions concrètes pour les habitants et éleveurs : quelles garanties pour la protection des troupeaux ? Quelles procédures avant un tir légal de défense ? Et comment concilier protection d'espèces protégées et besoins d'une agriculture pastorale fragilisée ?
- Élevage : inquiétude des éleveurs après des attaques et mobilisation ponctuelle en mai.
- Conservation : interrogation des associations sur l'utilisation des données GPS et la traçabilité des actes.
- Procédure : nécessité de transparence sur les conditions du tir réalisé par un lieutenant de louveterie.
Les autorités évoquent un tir de défense légal ; l'association demande quant à elle des éclaircissements et la consultation des données techniques. Sur le terrain, la question reste vive : comment gérer la cohabitation entre grands prédateurs et activités pastorales dans les Alpes-de-Haute-Provence ? Les réponses attendues devront venir des services de l'État, des syndicats agricoles et des associations de protection animale, chacun apportant ses éléments de preuve pour éclairer une décision lourde de conséquences locales.
Des suites judiciaires ou administratives ne sont pas exclues si les parties ne parviennent pas à un apaisement, et de nouvelles auditions ou examens des données GPS pourraient s'avérer déterminants pour établir le constat définitif.