Une bataille administrative qui a failli séparer un couple de Vernon
À Vernon, le feuilleton administratif de Neda Parhizkar, 28 ans, s'est achevé sur un répit : après avoir reçu deux obligations de quitter le territoire (OQTF), la ressortissante iranienne pourra finalement rester en France et vivre auprès de son mari, Thibault Ailloud.
Arrivée en France en 2022 avec un visa étudiant, Neda s'était installée à Vernon en mars 2025 puis avait épousé Thibault en novembre de la même année. Le couple a ensuite demandé un titre de séjour « vie privée et familiale ». Mais l'instruction du dossier a tourné au parcours du combattant.
"Ça a été un coup de massue"
Le 21 juillet, Neda a reçu une première OQTF la sommant de quitter le territoire sous 30 jours. Au total, le dossier a connu 160 jours d'instruction, bien au-delà de la moyenne départementale de 101 jours. Pendant cette période, la jeune femme a vécu 64 jours en situation irrégulière à la suite de ruptures de son droit au séjour, un statut qui a notamment entraîné la suspension de son activité professionnelle.
Diplômée d'un master en didactique des langues, spécialité français langue étrangère, Neda donnait des cours pour l'Ofpra. La précarité administrative a mis fin à ce contrat, privant un acteur local d'une compétence recherchée : « il y a un vrai besoin de professeurs », souligne le dossier.
Ce que révèle le cas de Vernon
Cette affaire illustre plusieurs points problématiques pour les habitants de l'Eure confrontés aux démarches migratoires :
- Délais d'instruction allongés par rapport à la moyenne départementale ;
- Erreurs et notifications contradictoires : Neda a reçu deux OQTF, qualifiées de « truffées d'erreurs » par son entourage ;
- Conséquences sociales et professionnelles immédiates pour les personnes concernées (interdiction de travailler, difficultés bancaires).
Pour les services publics et associations d'accompagnement, ces dysfonctionnements posent une question de coordination et de communication. Les recours administratifs peuvent être longs, et l'impact humain — séparation possible des foyers, perte d'emploi, difficultés financières — est immédiat.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Arrivée en France | 2022 (visa étudiant) |
| Installation à Vernon | mars 2025 |
| Mariage | novembre 2025 |
| Durée d'instruction du dossier | 160 jours |
| Moyenne départementale | 101 jours |
| Jours en situation irrégulière | 64 jours |
Le cas de Neda a aussi une portée locale : il prive temporairement la commune d'une enseignante qualifiée intervenant auprès de publics vulnérables. Pour le couple, la décision finale representera un soulagement mais laisse des séquelles administratives et psychologiques.
Ce dossier rappelle enfin l'importance, pour les demandeurs d'un titre de séjour, d'être accompagnés par des structures juridiques ou associatives capables d'examiner les décisions préfectorales et d'engager les recours nécessaires lorsque des erreurs sont suspectées.
Les autorités préfectorales n'ont pas communiqué publiquement sur ce cas au moment de la publication. Les concernés, eux, entendent désormais témoigner des difficultés rencontrées pour alerter et prévenir d'autres situations similaires.
Infos pratiques : les personnes confrontées à des difficultés de régularisation peuvent s'adresser aux associations d'aide aux étrangers du territoire ou consulter les services de la préfecture pour connaître les procédures de recours.