Une mobilisation accélérée pour répondre aux vendanges précoces
Dans le vignoble jurassien, la période des vendanges s'annonce plus tôt qu'à l'habitude et les domaines, petits et grands, sentent déjà la pression sur la main‑d'œuvre. L'association Soelis, qui met en relation chantiers et candidats, a tiré la sonnette d'alarme : elle recherche encore un nombre significatif de personnes pour travailler dans les vignes.
À Arbois, au domaine de la Pinte, la crainte de manquer de bras a même poussé l'équipe à renoncer au crémant : « On fait appel à un prestataire qui vient tous les ans, il nous faut 40 vendangeurs », explique Loïc Petigny, chef d'équipe vignes. Selon les responsables de Soelis, l'association a déjà reçu 486 candidatures, mais les besoins restent élevés.
"On cherche encore 180 vendangeurs sur le secteur de Lons‑le‑Saunier et 150 sur le nord Jura", décrit Jérôme Marcasse, chargé de mission emploi chez Soelis.
Pour faire face à ce pic, Soelis a élargi son réseau de partenaires : Conseil départemental pour cibler des bénéficiaires du RSA, centres de formation, Mission locale, maisons France Services... L'association mise également sur les étudiants et les jeunes actifs via une campagne sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, où elle communique auprès de plus de 1 500 abonnés.
Logistique et incitations financières
La précocité des vendanges a aussi des conséquences pratiques : Soelis a avancé la mise en place de sa flotte de véhicules. Initialement prévue le 24 août, la location des bus sera opérationnelle dès le 11 août. Au total, douze bus sont affrétés pour acheminer des candidats sans moyen de locomotion ; le recrutement des chauffeurs, qui sont aussi coupeurs, est presque terminé.
- Nombre de candidatures reçues : 486
- Besoins estimés : 180 vendangeurs autour de Lons‑le‑Saunier, 150 dans le nord Jura
- Bus affrétés : 12
- Prime covoiturage : 4 € par jour
- Domaines ayant fait appel à Soelis l'an passé : 55
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Candidatures reçues | 486 |
| Besoins sur Lons‑le‑Saunier | 180 |
| Besoins nord Jura | 150 |
Pour encourager la fidélité, Soelis verse une prime aux vendangeurs qui reviennent plusieurs années de suite. Une aide de 4 euros par jour est également prévue pour ceux qui pratiquent le covoiturage, afin de faciliter l'accès aux chantiers et réduire les trajets individuels.
Conséquences pour les viticulteurs et le territoire
La pénurie de main‑d'œuvre ne touche pas que la récolte : elle influe sur les choix techniques et commerciaux des exploitations. La décision du domaine de la Pinte de renoncer au crémant illustre un arbitrage délicat entre qualité, coûts de production et volumes à récolter. Pour les petites structures, l'absence d'équipes suffisantes peut conduire à retarder la récolte, augmenter le recours à des prestataires extérieurs ou réduire la surface vendangée.
À l'échelle locale, la mobilisation de Soelis — appuyée par des acteurs publics et des dispositifs de transport — vise à limiter ces impacts et à maintenir la compétitivité des productions jurassiennes. Les candidats intéressés sont invités à contacter directement l'association via ses canaux habituels pour connaître les lieux, dates et conditions d'inscription.
La vigne, dans le Jura, reste un savoir‑faire précieux. Ces semaines à venir seront décisives pour transformer le travail de l'été en une récolte qui valorise le terroir.