Une vie marquée par la violence et la fuite
La trajectoire de Jamila El Biyed mêle exil, violences conjugales et reconstruction fragile. D'origine marocaine et privée très tôt de ses parents, elle a vécu dans plusieurs familles d’accueil avant de partir vivre en Europe. En 2016, sa rencontre avec son futur époux l’amène en France puis en Italie, où débutent des épisodes de violences.
De retour dans le Lot‑et‑Garonne, plus précisément dans l’Albret, elle tente de se reconstruire avec sa fille. Mais en janvier 2023, à Agen, elle est agressée devant un bar du quartier du Gravier : son ex‑mari lui porte six coups de couteau, causant de graves blessures — côtes fracturées, foie perforé, la lame frôlant le cœur.
Condamnation, appel et incertitude administrative
Pour ces faits, l’auteur a été condamné en décembre 2025 par la cour d’assises du Lot‑et‑Garonne à 25 ans de réclusion criminelle. Il a formé appel ; un nouveau procès est prévu en octobre à Cahors. Cette perspective ravive l’angoisse de la victime, qui a choisi depuis de s’installer dans le Gers pour tenter d’échapper aux pressions et insultes de proches de son ex‑conjoint.
« …pour fuir les proches de mon ex‑mari, qui m’insultent régulièrement »
Mais, fait paradoxal et préoccupant pour son avenir, Jamila est depuis un an soumise à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) prise par la préfecture du Gers. Son avocat, Laurent Bruneau, annonce qu’il va saisir prochainement le préfet gersois pour demander une admission exceptionnelle au séjour.
Conséquences locales et points de vigilance
Cette affaire soulève plusieurs enjeux concrets pour les services locaux et les acteurs associatifs :
- Protection des victimes : coordonner prise en charge médicale, psychologique et sécuritaire pour les personnes menacées après des violences graves ;
- Coordination judiciaire et administrative : garantir que les décisions d’éloignement n’aggravent pas la vulnérabilité des victimes devant un risque avéré ;
- Accompagnement social : accès à un logement sécurisé et aux dispositifs d’insertion pour reconstruire une vie stable.
Chronologie
| Année | Événement |
|---|---|
| 2016 | Rencontre avec son ex‑mari ; départ en Europe |
| Janvier 2023 | Agression à Agen : six coups de couteau |
| Décembre 2025 | Condamnation de l’auteur à 25 ans de réclusion |
| Depuis un an | Arrêté d’OQTF pris par la préfecture du Gers |
| Octobre (année suivante) | Procès en appel prévu à Cahors |
Voies possibles et démarches
Selon l’avocat, une demande d’admission exceptionnelle au séjour va être déposée auprès de la préfecture du Gers. Cette procédure, si elle aboutit, pourrait permettre à Jamila et à sa fille de rester en France pour raisons humanitaires et de sécurité. À l’inverse, le maintien de l’OQTF placerait la victime devant un choix impossible entre départ et exposition à un risque réel.
Sur le plan local, associations d’aide aux victimes, services sociaux et autorités judiciaires devront suivre de près l’évolution du dossier afin d’assurer la protection de la plaignante en attendant la décision administrative et le nouveau procès.
Contact pratique : pour les personnes confrontées à des violences conjugales, contacter les numéros d’aide nationaux ou les associations locales d’accompagnement permet d’obtenir orientation et protection immédiate.