Un été sans piqûres signalées mais une mémoire collective atténuée
À la rentrée 2025, Antibes avait vécu l’un des épisodes sanitaires locaux les plus marquants de ces dernières années : un foyer de chikungunya centré sur les secteurs de Saint-Claude et des Combes, lié au retour d’un voyageur infecté de Madagascar, et qui a entraîné près de 150 cas autochtones sur la commune.
Dans les semaines qui ont suivi l’identification du « patient zéro », une vaste campagne de prévention et des opérations de démoustication ciblées ont été pilotées par l’Agence régionale de santé. La préfecture avait, pour sa part, adressé une notification sanitaire à plus de 11 000 personnes pour alerter la population et limiter la propagation.
Sur le terrain, près d’un an après, le constat est plus apaisé. Les habitants décrivent une baisse sensible des nuisances liées au moustique-tigre pendant cette période estivale caniculaire ; pharmacies et résidents interrogés évoquent l’absence d’un boom des ventes de répulsifs et un sentiment généralisé de ne pas avoir été piqué cet été.
« Oh non, je n’ai pas envie de parler de ça »,
réagit, succincte, une riveraine des Hameaux de Saint‑Claude — un signe que l’épisode sanitaire reste délicat à évoquer pour certains, même s’il n’occupe plus le premier plan des préoccupations quotidiennes.
Que reste-t-il des mesures prises et des risques futurs ?
Les opérations conduites à l’automne 2025 ont visé à réduire les populations de moustiques et à informer les habitants des gestes barrières (élimination des eaux stagnantes, utilisation de répulsifs, protection des fenêtres). Si l’effet de ces actions se lit aujourd’hui dans une moindre visibilité du moustique-tigre, les spécialistes rappellent que la présence d’Aedes albopictus reste une réalité du littoral méditerranéen et qu’elle dépend des conditions climatiques et des comportements locaux.
- Localisation principale : Saint‑Claude et les Combes à Antibes
- Nombre de cas recensés : près de 150 autochtones
- Population informée par la préfecture : ~11 000 personnes
| Période | Action |
|---|---|
| Septembre‑octobre 2025 | Détection du cluster et démoustication ciblée |
| Automne 2025 | Campagnes de prévention et notifications |
| Août 2026 | Observations locales : baisse apparente de la nuisance |
Pour les autorités sanitaires, la vigilance reste de mise : la détection précoce de nouveaux cas importés et la réactivité des services sont essentielles pour éviter la réémergence d’un foyer. Côté habitants, la transmission du souvenir de cet épisode semble s’atténuer, au risque que les gestes de prévention deviennent moins systématiques, alors même que la période estivale et la présence du moustique-tigre restent propices à la transmission si de nouveaux cas importés se produisent.
Sur le plan local, la leçon de l’automne 2025 est double : la mobilisation peut maîtriser une poussée épidémique, mais elle suppose une mémoire collective et des habitudes de prévention maintenues pour limiter tout risque futur.