Une mare multifonction sur une petite exploitation
Sur les pentes d'une parcelle de cinq hectares à Boisset, une mare attire désormais l'attention. Creusée l'hiver dernier par Mylène Tollié, passée de la conservation de réserves naturelles à l'élevage, elle joue plusieurs rôles : habitat pour la faune aquatique, réserve d'eau face aux épisodes de chaleur, et élément du paysage agropastoral.
Agricultrice depuis 2022, elle exploite une chèvrerie d'une quarantaine de têtes et mise sur la vente directe. La mare, installée en contrebas et protégée par une clôture, abrite des invertébrés et des insectes d'eau identifiés par la propriétaire, qui s'appuie sur son expérience d'ancienne conservatrice pour observer et maintenir ce milieu.
« Ce que vous voyez là, ce sont des notonectes. »
Les pertes liées aux vagues de chaleur n'ont pas épargné le plan d'eau : son niveau est aujourd'hui d'environ 60 cm. Pourtant, la mare s'est remplie sans travaux lourds, aidée par des précipitations intenses ce qui témoigne de la capacité de ces zones humides à se renouveler lorsqu'elles sont correctement situées et conçues.
Un outil de résilience et de biodiversité
Les zones humides de poche comme celle-ci représentent des solutions peu coûteuses pour les exploitations de montagne : elles demandent peu d'espace mais fournissent des services écosystémiques — microclimats, rétention d'eau, abri pour la faune. Pour une ferme de taille modeste, la mare est à la fois un refuge écologique et un élément de gestion face à l'irrégularité des pluies.
- Biodiversité : abris pour insectes aquatiques et amphibiens.
- Gestion de l'eau : tampon face aux épisodes secs et recharge locale.
- Valeur agricole : contribution au pâturage et à la production fromagère via un environnement renouvelé.
Pratiques locales et transmission des savoirs
Le parcours de Mylène Tollié illustre un mouvement observé dans les zones de moyenne montagne : des professionnels de la conservation rejoignent ou se réorientent vers l'agriculture pour agir directement sur les territoires. Leur expertise naturaliste facilite des aménagements simples mais efficaces, adaptables au contexte cantalien.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Surface de l'exploitation | 5 ha |
| Effectif caprin | 45 chèvres |
| Profondeur actuelle de la mare | ~60 cm |
Au-delà de l'exemple individuel, ces petits aménagements peuvent participer à une stratégie territoriale plus vaste : renforcer la continuité des habitats aquatiques, stocker de l'eau localement et limiter les impacts des étés plus secs. Ils posent aussi la question du soutien technique et financier pour les agriculteurs qui souhaitent se lancer.
Sur le terrain, la mise en œuvre reste simple mais demande de la vigilance : emplacement adapté pour capter les eaux, protection du bétail, surveillance des équilibres biologiques. À Boisset, la mare est un exemple concret d'adaptation à l'échelle d'une exploitation, signifiant que la lutte contre la sécheresse peut aussi passer par des gestes modestes, pensés pour la montagne.
Contactée lors de son installation, l'agricultrice souligne le lien entre son expérience passée et ses choix présents : agir directement sur des parcelles pour préserver l'environnement tout en maintenant une activité économique locale.