Un cap franchi pour l’économie circulaire à Brioude
À Brioude, la ressourcerie Réagir 43 poursuit sa montée en puissance. Officiellement passée au statut de ressourcerie en 2024, la structure affiche des résultats en nette progression et lance de nouveaux aménagements pour soutenir le réemploi des objets. En 2025, elle a collecté 339 tonnes de biens, écoulé 129 tonnes en magasin et vu son chiffre d’affaires grimper de plus de 16 %. Autre indicateur de l’essor: 84 % des objets récupérés ont transité par les ateliers avant d’être proposés à la vente ou orientés vers le recyclage.
Ces résultats ont été salués lors de l’assemblée générale par la présidente, Soline Lelong-Faucher, et servent désormais de tremplin à trois projets structurants: une cabine d’aérogommage, un atelier vélo-motoculture inauguré en février, et la création d’un espace de stockage supplémentaire.
Des flux mieux organisés, de la donation à la remise en rayon
Derrière la boutique, la chaîne du réemploi s’articule autour de deux zones de tri. Dans la première, où transitent vaisselle, décoration, jouets ou petit matériel, Annie Décary, ancienne salariée en insertion devenue encadrante, trie, pèse et oriente chaque pièce. Selon les besoins, les objets partent vers la vente directe, la réparation ou le recyclage. Certains sont conservés en amont des périodes fortes pour optimiser la rotation en magasin.
« Je garde aussi des vêtements de Barbie. Quand une poupée arrive sans tenue, ça permet de la compléter. »
Les meubles suivent un circuit distinct: ils sont d’abord réceptionnés dans une seconde zone de tri, puis dirigés vers les ateliers de rénovation ou, si nécessaire, vers une filière de recyclage adaptée.
Une cabine d’aérogommage pour accélérer les rénovations
Parmi les nouveautés, une pièce aménagée par les équipes accueille une machine d’aérogommage. Ce procédé, décrit par le responsable d’atelier Guillaume Grenet, consiste à projeter à basse pression une poudre à base de coquilles de noix pour retirer peintures et vernis sans altérer le support. Objectif: préparer plus finement les surfaces avant le relooking, gagner en qualité de finition et limiter les produits agressifs. Une fois décapés, les meubles peuvent rejoindre l’atelier de relooking, confié à Nolwenn Morvan, pour une remise au goût du jour.
Vélos, motoculture: remettre en selle l’usage et la réparation
L’atelier vélo-motoculture, lancé en début d’année, répond à une demande croissante pour la mobilité du quotidien et l’entretien d’équipements de jardinage. Récupérés, diagnostiqués puis remis en état, les cycles trouvent rapidement preneur. Les engins de motoculture, souvent coûteux à remplacer, bénéficient d’un second souffle via des réparations ciblées et la récupération de pièces.
- Atelier vélo-motoculture: entretien, réparation et remise en circulation.
- Cabine d’aérogommage: décapage fin, sans abîmer le bois.
- Futur espace de stockage: meilleure gestion des flux et des pics d’activité.
Des impacts locaux mesurables
Le modèle de Réagir 43 s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et d’insertion. La montée en puissance des ateliers permet de prolonger la durée de vie des objets, de réduire les volumes de déchets et d’offrir des parcours d’apprentissage à des personnes en reconversion. La saisonnalité est anticipée en tri, avec une organisation qui alimente le magasin au bon moment, tout en maintenant des standards de qualité.
Pour le territoire brivadois, les retombées se traduisent par une offre accessible pour équiper un logement, trouver un vélo révisé ou dénicher du mobilier rénové. La création d’un espace de stockage doit fluidifier encore davantage les arrivages, limiter les ruptures en rayon et sécuriser la qualité des produits mis en vente.
Les chiffres à retenir
| Indicateur (2025) | Valeur |
|---|---|
| Objets collectés | 339 tonnes |
| Objets vendus | 129 tonnes |
| Part des objets passés en atelier | 84 % |
| Évolution du chiffre d’affaires | +16 % |
Ce que cela change pour les habitants
Concrètement, ces évolutions bénéficient aux ménages comme aux associations locales: prix contenus, diversité de l’offre, services de réparation et garantie d’un tri rigoureux. Pour la collectivité, la dynamique contribue à réduire l’empreinte des déchets et à structurer une filière locale du réemploi. Les nouveaux équipements — aérogommage, atelier vélo-motoculture, stockage — doivent améliorer la productivité, abaisser les coûts de remise en état et soutenir la croissance de la structure dans la durée.