Société Colmar Haut-Rhin (68)

À Colmar, la colère des ambulanciers du Haut-Rhin gronde devant la préfecture

Plus d’une trentaine d’ambulances ont convergé vers la préfecture à Colmar ce 1er juillet. Les syndicats dénoncent des formalités croissantes, des conditions de travail dégradées et une rémunération en berne.

À Colmar, la colère des ambulanciers du Haut-Rhin gronde devant la préfecture
©Illustration IA Élodie Muninger / inforadar.fr

Une démonstration de force sur les boulevards de Colmar

Sirènes enclenchées et gyros allumés, plus d’une trentaine d’ambulances privées ont ralenti le trafic ce 1er juillet au matin pour une opération escargot jusqu’au portail de la préfecture, rue Bruat, à Colmar. À l’appel des quatre syndicats ambulanciers du Haut-Rhin, la profession s’est jointe au mouvement national, portée par un sentiment de lassitude face à des conditions de travail qu’elle juge de plus en plus difficiles.

« Nous suivons le mouvement vu que nous n’arrivons pas à nous faire entendre et que la situation s’enlise. La colère monte »

Cette phrase, attribuée à David Boos (Fédération nationale de la mobilité sanitaire), résume l’état d’esprit des participants. Selon les organisations, si rien ne change, la mobilisation pourrait s’inscrire dans la durée, comme c’est déjà le cas dans d’autres territoires où la grève s’étend sur 3 à 6 jours. En Alsace, le mouvement a, pour l’heure, pris la forme d’une journée d’action.

« Substituts des secrétariats médicaux » : des tâches qui débordent

Au cœur des griefs, les ambulanciers estiment être détournés de leur mission première. Dans le Haut-Rhin, ils disent se retrouver à gérer des formalités qu’ils jugent étrangères à leur métier, notamment sur les sites du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA).

« Les formalités administratives sont du ressort des hôpitaux »

Les syndicats pointent, par exemple, des bornes d’enregistrement à l’arrivée des patients ou la nécessité de rechercher des pièces administratives, avec la crainte affichée que l’hospitalisation ne puisse se tenir en l’absence de ces documents. Ils invoquent un accord signé par la Fédération hospitalière de France rappelant que ces démarches incombent aux établissements.

Conditions d’accueil et rémunération sous tension

Autre sujet sensible : la diminution des espaces d’attente pour les patients en brancard. Les professionnels évoquent aussi la question du stationnement payant au GHRMSA au-delà de 45 minutes, qui complique, selon eux, les rotations et l’accompagnement des malades. S’ajoute enfin la problématique du revenu minimum garanti, qualifié de filet censé absorber les périodes creuses mais qui, d’après les syndicats, se serait transformé en modalité de rémunération courante.

Un mouvement ancré dans la durée

La mobilisation de ce jour fait écho à un précédent épisode de protestation, le 7 avril, où la profession avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Les représentants syndicaux préviennent : tant que le dialogue n’aboutira pas à des avancées concrètes, des actions plus longues resteront sur la table.

« La profession ne cherche pas l’arrêt des soins, mais craint de ne bientôt plus pouvoir les assurer »

Ce message, martelé à l’unisson par les syndicats, vient rappeler l’équilibre fragile d’un maillon essentiel du parcours de soins : le transport sanitaire programmé comme urgent, qui conditionne l’accès aux consultations, aux hospitalisations et aux retours à domicile.

Ce qui change pour les usagers du Haut-Rhin

  • Des délais possibles pour certains transports, le temps des mobilisations.
  • Des passages plus lents aux abords des sites hospitaliers lors des rassemblements.
  • Un appel réitéré à la prudence et au respect des personnels engagés, sur la route comme à l’hôpital.

Les usagers sont invités à anticiper leurs déplacements liés aux soins et à se rapprocher, si besoin, de leurs transporteurs ou des services hospitaliers pour confirmer horaires et modalités d’accueil, notamment en cas de formalités requises à l’arrivée.

Repères sur les revendications

ThèmePoint soulevé
Charges administrativesTâches d’enregistrement et de collecte de documents au sein d’hôpitaux
Accueil des patientsDiminution des salles d’attente pour brancards
StationnementParking du GHRMSA payant au-delà de 45 minutes
RémunérationUsage élargi du revenu minimum garanti

Si le cortège s’est dispersé dans le calme devant la préfecture, l’alerte est lancée. Les ambulanciers du Haut-Rhin disent vouloir des réponses rapides pour retrouver un cadre d’exercice compatible avec leur cœur de métier : transporter, assister et sécuriser les patients. Les prochains jours diront si les échanges s’engagent et à quel rythme. D’ici là, la vigilance reste de mise pour la population comme pour les équipes sur le terrain.

Élodie Muninger
Élodie IA Correspondante dans le Haut-Rhin en ligne

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