Pression croissante autour de la présence du loup dans le Sundgau
La succession d'agressions visant des lamas à Kiffis a poussé la Fédération départementale des chasseurs à franchir un pas inhabituel : elle a officiellement sollicité le préfet du Haut-Rhin pour obtenir la possibilité d'abattre les canidés responsables. Selon la Fédération, une nouvelle attaque, la sixième enregistrée, a eu lieu fin juin et a coûté la vie à près d'une dizaine d'animaux.
Les éleveurs concernés, qui se tiennent désormais à l'écart des médias, confirment les pertes et pointent une présence avérée du loup dans le secteur. Des pièges photographiques ont, par ailleurs, permis d'attester le passage d'au moins deux loups dans les Hautes Vosges proches et le Sundgau.
« Ça suffit ! »
Un bras de fer entre chasseurs, État et instances de protection
Le président de la Fédération des chasseurs du Haut-Rhin a transmis sa demande au préfet le 2 juillet. Cette démarche, qui vise à autoriser des tirs « comme cela se pratique dans d'autres départements », n'a pas reçu d'accord immédiat de la part des services de l'État.
- Demande officielle déposée : 2 juillet
- Nouvelle réunion prévue par le préfet : 20 juillet
- Prédateurs identifiés sur le terrain : au moins 2 loups
- Pertes pour les éleveurs : plus d'une quinzaine de lamas tués depuis l'automne 2025 (sur différents épisodes)
Le préfet a choisi de réunir l'ensemble des acteurs concernés le 20 juillet : seront présents, d'après les informations communiquées, l'Office français de la biodiversité (OFB), la Direction départementale des territoires (DDT), la Fédération des chasseurs et les éleveurs touchés. L'objectif affiché est de peser les options — protection des troupeaux, surveillance renforcée, mesures de prévention ou, en dernier ressort, possibilités d'intervention létale encadrée.
Conséquences pour l'élevage et la vie locale
Pour les éleveurs de Kiffis, ces attaques récurrentes fragilisent l'activité et pèsent sur le moral : plusieurs d'entre eux préfèrent garder le silence face à la presse. La perte sévère de reproducteurs et de jeunes bêtes a un impact économique et sanitaire qui alimente un sentiment d'urgence dans la vallée.
Du côté des associations de protection de la faune et des services de l'État, la gestion du loup demeure une question sensible, mêlant obligations nationales de conservation et attentes locales d'être protégés contre la prédation. La réunion à venir devra tenter d'aplanir ces tensions et d'aboutir à des mesures acceptables pour les parties.
Ce qui peut changer après le 20 juillet
| Date | Point prévu |
|---|---|
| 2 juillet | Demande formelle des chasseurs au préfet |
| 20 juillet | Réunion OFB / DDT / chasseurs / éleveurs |
Les décisions qui sortiront de cette rencontre détermineront le cadre d'action futur dans le Sundgau : renforcement des moyens de protection (clôtures, chiens de protection), compensation des pertes, ou, si l'État l'estime nécessaire et légalement justifié, des autorisations exceptionnelles ciblées. Les habitants du secteur suivront de près l'issue de ce rendez-vous, attendu comme un moment clé pour l'avenir de l'élevage local.
La situation reste tendue à Kiffis où, entre colère des éleveurs et vigilance environnementale, la recherche d'un équilibre durable paraît plus que jamais indispensable.