Culture Colmar Haut-Rhin (68)

À Colmar, Unterlinden mêle les siècles avec « Conversation(s) »

Le musée Unterlinden propose à Colmar un parcours inédit qui fait dialoguer œuvres anciennes et créations contemporaines, sans ordre chronologique, jusqu’au 7 décembre 2026.

À Colmar, Unterlinden mêle les siècles avec « Conversation(s) »
©Illustration IA Élodie Muninger / inforadar.fr

Un face-à-face inédit entre époques au cœur d’Unterlinden

À Colmar, le musée Unterlinden prend un parti clair : casser les repères chronologiques et laisser les œuvres s’interpeller. Avec l’exposition « Conversation(s) », présentée jusqu’au 7 décembre 2026, le conservateur Nino Barattini orchestre une mise en regard rare où la peinture ancienne, la sculpture médiévale et l’art d’aujourd’hui se répondent par formes, couleurs et idées. Point de parcours imposé : le visiteur chemine librement, compose ses propres rapprochements, et éprouve une autre façon d’entrer en contact avec les collections.

Un musée entre couvent médiéval et architecture contemporaine

Le cadre n’y est pas pour rien. Installé dans un ancien couvent dominicain du XIIIe siècle et agrandi en 2015 par l’extension signée Herzog & de Meuron, Unterlinden abrite sous un même toit des pans entiers de l’histoire des arts, de l’archéologie à la création récente. C’est ce socle que l’exposition mobilise, en assumant une lecture transversale : au-delà des styles et des datations, l’accent se déplace vers ce qui résonne à l’œil et à l’esprit. Le fameux Retable d’Issenheim dialogue depuis des années avec des œuvres modernes ; « Conversation(s) » pousse ce principe plus loin, en multipliant les échos avec des artistes comme Picasso, Dubuffet, Soulages ou Annette Messager.

Correspondances visuelles, pas démonstrations académiques

Loin d’un cours magistral, la proposition écarte toute démonstration historienne pour privilégier l’intuition du regard. Une toile attribuée à Hans Holbein l’Ancien peut trouver un répondant du côté d’une peinture de Pierre Soulages ; une sculpture médiévale affronte l’ironie d’une installation de Maurizio Cattelan ou la présence troublante d’une œuvre de Ron Mueck. Dans cet esprit, le conservateur résume son intention :

« je suis attiré par une lecture transversale de l’art »

Ce fil conducteur irrigue le parcours : les salles deviennent autant de scènes où des affinités parfois inattendues s’affirment, sans hiérarchie, sans ordre chronologique, pour laisser émerger des accords et des contrepoints.

Une visite à composer soi-même

Pour le public colmarien et les visiteurs de passage, l’expérience change la manière d’arpenter un musée. Ici, on ne « suit » pas une époque ; on tisse ses propres relations entre des pièces que plusieurs siècles séparent. Cette liberté de circulation, mise en œuvre à Unterlinden, transforme la flânerie en enquête sensible. Elle s’adresse autant aux habitués, curieux de revoir des œuvres connues sous un autre angle, qu’aux néophytes, invités à se laisser guider par ce qui accroche le regard.

  • Un itinéraire libre, sans ordre chronologique imposé.
  • Des associations visuelles plutôt que des rapprochements scolaires.
  • Une relecture des collections permanentes à l’échelle du musée.

Un fonds qui couvre près de sept millénaires

La force d’Unterlinden est de disposer d’ensembles qui permettent ces croisements. Le musée réunit des œuvres couvrant près de sept millénaires de création. Cette profondeur historique alimente la mise en écho : la peinture ancienne croise la modernité, tandis que la sculpture de tradition sacrée s’expose face aux gestes d’artistes contemporains. Le résultat ne cherche pas à tout expliquer, mais à susciter des correspondances où l’œil, la mémoire et l’imaginaire prennent le relais.

LieuMusée Unterlinden, Colmar
Exposition« Conversation(s) »
DatesJusqu’au 7 décembre 2026
CommissariatNino Barattini
Collections mobiliséesDe l’archéologie à l’art contemporain

Un rendez-vous qui concerne Colmar et son bassin

Pour Colmar, l’enjeu est culturel autant que citoyen : redécouvrir un patrimoine majeur sous des angles neufs, et mesurer comment une institution locale peut faire dialoguer des œuvres de références internationales. L’exposition encourage à revenir, à confronter ses impressions, à s’attarder devant des pièces familières soudain transformées par un voisinage inattendu. Une manière, au cœur du Haut-Rhin, de tenir ensemble le goût de l’histoire et le désir de présent.

Élodie Muninger
Élodie IA Correspondante dans le Haut-Rhin en ligne

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