Une prise en charge coordonnée au cœur du CHSF
Depuis novembre 2024, une unité spécialisée a été implantée au centre hospitalier sud francilien (CHSF) de Corbeil‑Essonnes pour écouter et soigner les mineurs victimes ou témoins de violences. L'Unité d'accueil pour enfants en danger (Uaped) réunit professionnels médicaux et équipes judiciaires afin d'éviter que l'enfant ne soit exposé à des démarches multiples.
Composée d'infirmières, d'une pédiatre, d'une psychologue, la structure s'appuie aussi sur des médecins légistes, un psychologue expert et des enquêteurs de la gendarmerie ou de la police pour la partie judiciaire. Une auxiliaire de puériculture doit prochainement renforcer l'équipe.
Un afflux d'auditions lié à une actualité nationale
Le volume d'auditions a fortement augmenté : l'an dernier, l'Uaped a entendu 209 mineurs, dont plus de la moitié à la demande des tribunaux. Selon la responsable de l'unité, Barkissa Bance, le nombre d'auditions a triplé et des délais se créent pour programmer les confrontations.
« Répéter, c'est revivre »
Cette phrase résume la difficulté des victimes à raconter des épisodes traumatiques. L'unité accueille aussi des enfants exposés à des violences conjugales ou témoins d'homicides intrafamiliaux, situations nécessitant une écoute adaptée et protégée.
Un contexte national qui pèse sur les services locaux
La multiplication des procédures intervient après la mort de Lyhanna, fillette de 11 ans retrouvée début juin dans le Gers. À la suite de cette affaire, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé aux parquets de relancer l'ensemble des dossiers concernant des violences sexuelles envers des mineurs, entraînant une hausse des réquisitions judiciaires et des auditions en Essonne.
- Objectif de l'Uaped : éviter la re‑victimisation et centraliser soins et auditions.
- Public accueilli : mineurs victimes ou témoins de violences physiques, sexuelles ou psychologiques.
- Partenaires : équipes médicales, légistes, psychologues et forces de l'ordre.
Quelques chiffres (2025)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Mineurs entendus | 209 |
| Proportion sur réquisition judiciaire | Plus de la moitié |
Pour les soignants et enquêteurs locaux, la montée des affaires pose un double défi : garantir des délais d'audition raisonnables et préserver la qualité de l'accompagnement psychologique. La création de l'Uaped visait précisément à mieux coordonner ces réponses, mais la pression des dossiers nationaux montre les limites des moyens actuels.
Sur le plan pratique, l'unité fonctionne à l'intérieur du CHSF. Les familles orientées par les services sociaux, les médecins ou les tribunaux peuvent y être reçues pour des bilans, des soins et des auditions protégées. Les responsables espèrent des renforts humains pour faire face à l'augmentation d'activité et éviter que l'attente n'accroisse le traumatisme des enfants.
En Essonne comme ailleurs, la mobilisation reste essentielle : protéger les mineurs demande coordination, moyens et rapidité d'action.