Une ferme d’Ille‑et‑Vilaine mise sur l’arbre pour faire face à la chaleur
Installée depuis 2014 à La Primelais, la GAEC de Frédéric Besnard a engagé une politique d’agroforesterie pour protéger ses animaux et « anticiper l’avenir » face au dérèglement climatique. Sur son exploitation, située à La Chappelle‑Bouëxic, 90 vaches et 40 génisses pâturent sur 130 hectares. Le passage à l’agriculture biologique a été opéré en 2020, année où ont été plantés des alignements d’arbres visibles aujourd’hui sur les parcelles.
Le choix n’est pas anecdotique : au‑delà de l’ombrage que procurent les plantations pendant les épisodes de chaleur, l’agroforesterie vise à protéger le bien‑être animal, améliorer la résistance des systèmes fourragers et entretenir les paysages agricoles. L’exploitation se présente comme un exemple local d’adaptation pragmatique, engagé par un groupe familial — l’éleveur travaille avec son oncle et une salariée — et articulé autour d’objectifs sanitaires et environnementaux.
« Notre travail consiste aussi à entretenir notre environnement, tout en prenant soin de notre santé, et de celle des ... »
Sur le terrain, la présence d’arbres joue plusieurs rôles complémentaires : création d’ombres, brise‑vent, amélioration de la biodiversité et possible stockage de carbone. Pour une exploitation laitière ou mixte comme celle de La Primelais, ces fonctions peuvent aussi contribuer à la pérennité des prairies et limiter l’exposition des animaux aux stress thermiques qui nuisent à la production et à la santé.
Le recours à l’agroforesterie se heurte cependant à des contraintes pratiques et économiques : installation des structures (haies, alignements), protection des jeunes plants, adaptation des pratiques de pâturage et de mécanisation. Sur ce point, la conversion en bio constitue souvent une impulsion cohérente — elle modifie la gestion des intrants et encourage des pratiques agroécologiques complémentaires.
Pour les collectivités et les réseaux agricoles du département, l’exemple de cette ferme illustre trois points d’action possibles :
- Accompagnement technique pour le choix des essences et des modes de plantation adaptés aux parcelles et au climat local ;
- Aides financières pour amortir le coût initial des plants et des protections nécessaires ;
- Transfert d’expérience entre éleveurs afin de diffuser des retours concrets sur l’entretien et les bénéfices observés.
Sur la durée, ces aménagements peuvent modifier l’empreinte paysagère du bocage ille‑et‑vilen, renforcer la résilience des exploitations face aux épisodes climatiques extrêmes et contribuer à la qualité de vie au travail des éleveurs. À La Primelais, la démarche reste récente mais lisible : des alignements plantés en 2020 sont déjà visibles, et l’exploitation témoigne d’une stratégie réfléchie entre production et préservation.
| Élément | Chiffres |
|---|---|
| Surface | 130 ha |
| Animaux | 90 vaches et 40 génisses |
| Conversion bio et plantations | 2020 |
À l’échelle du département, la multiplication de telles initiatives mérite un suivi : quelles essences s’adaptent le mieux aux terroirs locaux ? Quels coûts et quels gains réels sur le long terme ? Pour l’heure, la ferme de La Primelais affiche une réponse locale, concrète, à un défi global : rendre l’élevage plus résilient tout en soignant paysages et santé animale.