Une vie à bord installée au fil de l’eau
Depuis un an, le port de la Jonction à Nevers accueille une nouvelle habitante : Marie Devaux, 36 ans, danseuse, qui a réalisé son rêve d’adolescence en s’installant à l’année sur sa pénichette La Minouchette. Amarrée au même emplacement depuis août 2025, elle conjugue mobilité rêvée et contraintes concrètes du quotidien fluvial.
« Bienvenue à bord. Bon, c’est un peu le bazar. Je suis en travaux. »
Ces mots, prononcés en accueillant sur son bateau, traduisent les réalités de cette nouvelle forme d’habitat : des travaux d’aménagement, l’organisation de l’espace et l’adaptation aux saisons — un premier hiver froid et un été chaud — tout en conservant la souplesse des déplacements sur les voies navigables.
Un choix mûri et technique
Le projet remonte à l’adolescence. Après s’être installée à Reims, les grandes péniches vues depuis la halte nautique avaient laissé une impression durable. Le passage du permis bateau, mûri dans la vingtaine, a finalement permis de concrétiser l’idée. Plusieurs visites et essais de bateaux plus tard, elle a opté pour un modèle de plain-pied, plus adapté à sa taille (1,80 m) et à ses besoins professionnels — elle utilise une partie du bateau comme dressing pour ses costumes de scène.
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom du bateau | La Minouchette (anciennement Le Bonsaï) |
| Longueur | 11,30 m |
| Hauteur intérieure | 1,92 m |
| Largeur | 3,50 m |
Ce bateau, trouvé via un revendeur à Toulouse, offre des volumes suffisants pour vivre au quotidien et y accueillir le matériel lié à la pratique du spectacle vivant.
Au quotidien, entre liberté et contraintes locales
Vivre sur l’eau implique aussi de s’inscrire dans un milieu où les services et les usages sont différents : alimentation en eau, raccordement électrique, gestion des déchets et relations avec la capitainerie du port. Pour Marie, l’atout principal reste la possibilité de partir et de s’arrêter selon les envies, mais elle souligne l’importance d’un bateau adapté (plain-pied, larges volumes) pour le confort et la mobilité.
- Un premier hiver et un premier été d’apprentissage des saisons.
- Des aménagements en cours pour améliorer l’habitabilité.
- Une vie mêlant activité artistique et gestion technique du bateau.
À Nevers, ce type d’habitat illustre une tendance à repenser l’habiter, notamment dans les villes traversées par des voies d’eau. Il pose aussi des questions pratiques pour les collectivités : gestion des places au port, services aux bateaux-logements et règles d’amarrage à l’année.
Pour les habitants du quartier de la Jonction, la présence de nouveaux résidents à bord contribue à la diversité des usages du port et à son animation. Pour Marie, l’essentiel reste la possibilité de trouver un équilibre entre ancrage local et horizons mobiles, à l’image d’une vie professionnelle dédiée aux arts qui demande parfois de partir, parfois de revenir.