Une décision tranchée à Rouen
En déplacement à Rouen ce jeudi 2 juillet 2026, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a annoncé la fin du projet de contournement Est. Cette infrastructure, discutée depuis près de 40 ans en Normandie, ne sera pas réalisée. Le ministre a assumé une position sans ambiguïté lors d’un déplacement lié à l’inauguration du raccordement de la Sud III au pont Flaubert.
« Le contournement est ne pourra pas se faire car il n’y a pas de consensus politique »
Par ces mots, le ministre a scellé le sort d’un dossier qui a cristallisé des attentes en matière de fluidité du trafic, mais aussi de fortes oppositions. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de désigner des perdants, mais de constater l’impossibilité d’avancer en l’absence d’accord entre acteurs politiques.
DUP en fin de course, projet arrêté
Au cœur de l’annonce: la déclaration d’utilité publique (DUP) arrive à échéance l’an prochain. Le ministère ne la redemandera pas. Cette perspective met juridiquement un terme au projet tel qu’il avait été conçu.
« Nous ne demanderons pas le renouvellement de cette DUP »
Le signal est clair: l’État acte la fin du processus. Le ministre a indiqué avoir consulté divers interlocuteurs et constaté que les positions, favorables comme défavorables, étaient figées, rendant impossible toute relance rapide.
Quelles alternatives pour la circulation métropolitaine ?
Philippe Tabarot a évoqué des pistes alternatives, sans équivalent exact au contournement mais susceptibles d’améliorer la circulation à l’échelle métropolitaine. Il a cité l’aménagement nord et la « suite à faire des accès », ainsi que le projet de SERM (qualifié par le ministre comme l’un des plus ambitieux en France), et mentionné le projet de Ligne Nouvelle. L’ensemble dessine un faisceau de solutions plutôt qu’un unique tracé autoroutier.
- Des aménagements ciblés des accès routiers à Rouen, notamment au nord.
- Un projet SERM présenté comme structurant pour la mobilité.
- La mention d’une Ligne Nouvelle, pour des liaisons renforcées.
Cette orientation mise sur des améliorations graduelles de la voirie et des transports, plutôt qu’une infrastructure lourde unique. Elle oblige toutefois à une coordination fine entre État, Métropole et acteurs régionaux pour éviter d’éparpiller les moyens.
Un projet ancien, des attentes durables
Selon les éléments rappelés par différentes prises de parole publiques autour de cette visite, le contournement Est était envisagé comme une liaison A28–A13 sur environ 41,5 km, avec un péage, entre Préaux et Incarville (Seine-Maritime). En dépit de ses objectifs de délestage du trafic de transit, il faisait face à de vives oppositions locales, et sa faisabilité financière était contestée depuis des années.
| Donnée | Projet initial |
|---|---|
| Fonction | Liaison de contournement Est de Rouen |
| Axes reliés | A28 ↔ A13 |
| Longueur | 41,5 km |
| Mode | Autoroute à péage |
| Statut | DUP non renouvelée, projet arrêté |
Effets immédiats et chantiers en cours
La fermeture de ce dossier intervient alors que d’autres chantiers poursuivent leurs effets à Rouen. Le ministre est venu inaugurer le raccordement de la Sud III au pont Flaubert, nouvel accès qui modifie déjà les habitudes de déplacement entre rives et doit, à court terme, fluidifier certains trajets. Cette coïncidence de calendrier illustre l’option défendue: améliorer par morceaux le réseau existant et ses connexions.
Un tournant politique et territorial
La décision acte une bascule: faute de consensus, l’État choisit de refermer un long chapitre pour engager, potentiellement, une stratégie par projets multiples. Pour Rouen et la Seine-Maritime, l’enjeu devient d’identifier rapidement les priorités capables de produire des gains concrets: circulation du quotidien, accès aux zones d’activité, sécurité des itinéraires, et articulation avec le ferroviaire.
Si la page du contournement Est est tournée, la question centrale demeure: comment absorber la croissance des flux et réduire les nuisances dans l’agglomération sans infrastructure linéaire d’ampleur? La réponse passera par une programmation claire, des financements assortis et une gouvernance partagée, afin que les alternatives évoquées ne restent pas au stade d’intentions.