La hausse des températures met les ruches à rude épreuve
Dans le Haut‑Rhin, les signes d’alerte se multiplient chez les apiculteurs. Thierry Da Cunha, fondateur de L’Ott Miel et de Apis Future, observe depuis plusieurs années l’évolution de ses colonies ; aujourd’hui, il note les effets délétères des fortes chaleurs sur l’abeille domestique, Apis mellifera. Sur les toits d’entreprises comme celle d’Appalette Tourtellier Systèmes, près de la Cité du Train à Mulhouse, des ruches productives et des essaims récemment installés ont déjà souffert des températures estivales.
Le comportement des colonies change : baisse d’activité, stress hydrique, et mortalité accrue dans certaines ruches exposées au soleil et au manque d’eau. La situation inquiète autant les professionnels de la miellerie que les entreprises engagées dans des démarches environnementales qui accueillent des ruches sur leurs toits.
« Les abeilles n’ont plus rien à chercher »
Des ruches sur les toits mais des ressources naturelles qui diminuent
L’installation de ruches en milieu urbain ou industriel, pratique désormais répandue, vise à renforcer la biodiversité locale et à produire un miel de proximité. Mais la canicule révèle les limites de cette stratégie : l’abeille a besoin de plantes mellifères, d’ombre et d’eau. Quand la floraison se raréfie et que les chaleurs s’intensifient, la production de nectar chute et les colonies s’épuisent plus vite.
- Stress thermique : les températures élevées perturbent le comportement et la physiologie des abeilles.
- Manque de ressources : moins de fleurs, moins de nectar et donc moins de nourriture pour la ruche.
- Gestion humaine : adaptations nécessaires chez les apiculteurs (ombre, apports d’eau, surveillance).
Que font les apiculteurs du territoire ?
Les professionnels du Haut‑Rhin adaptent leurs pratiques : choix d’emplacements plus ombragés, mise à disposition d’abreuvoirs pour abeilles, surveillance renforcée des ruches et sélection de variétés locales mieux adaptées aux fluctuations climatiques. Les interventions se font souvent auprès d’entreprises partenaires, comme à Mulhouse, où l’apiculteur se déplace pour contrôler et entretenir les colonies installées sur les toits.
| Problème | Mesure mise en œuvre |
|---|---|
| Surchauffe des ruches | Installation d’ombres, peinture claire, ventilation |
| Manque d’eau | Abreuvoirs et points d’eau à proximité |
| Réduction de la floraison | Plantations mellifères locales et coopération avec producteurs |
Conséquences locales et perspectives
La fragilisation des ruches a un double impact : économique pour les apiculteurs qui voient baisser leurs récoltes de miel, et écologique pour la pollinisation des cultures et des espaces verts. Les épisodes de canicule répétés appellent à une coordination renforcée entre acteurs (apiculteurs, collectivités, entreprises) pour développer des corridors floraux, favoriser des pratiques agricoles adaptées et sensibiliser le grand public aux gestes simples (laisser des espaces fleuris, installer un point d’eau).
Sur le terrain, les apiculteurs restent mobilisés. Ils multiplient les visites, ajustent leurs techniques et insistent sur la nécessité d’actions collectives pour préserver les colonies, essentielles à la vie agricole et à la biodiversité du Haut‑Rhin.
Pour en savoir plus : contacter les groupements apicoles locaux ou les services environnementaux des communes concernées pour connaître les initiatives de protection et les conseils pratiques en période de canicule.