Un tournant pour le syndicalisme agricole gersois
La FDSEA du Gers a engagé une phase de reconstruction. Depuis le 15 juin, l’organisation s’est dotée d’un nouveau bureau et d’une présidence portée par Michèle Serafin, éleveuse bovine et productrice en polyculture à Montiron. Cette recomposition intervient dans la foulée d’un scrutin consulaire défavorable et sur fond de tensions internes. La feuille de route affichée est claire : renouer avec les adhérents et replacer la FDSEA au cœur des dossiers agricoles du département.
« Nous avons tous été fraîchement désignés dans nos cantons (...). Nous nous considérons vraiment comme une équipe, nous allons nous partager les tâches et travailler tous ensemble. »
Autour de la présidente, une équipe rassemblée pour partager les responsabilités et assurer la continuité des dossiers engagés. L’enjeu n’est pas seulement organisationnel : il est aussi politique pour un syndicat qui entend regagner de l’influence dans un Gers agricole en constante mutation.
Un bureau resserré et identifié
La nouvelle instance comprend des profils aux rôles bien définis. Objectif : clarifier la gouvernance et accélérer la prise de décision sur les sujets urgents.
| Fonction | Noms |
|---|---|
| Présidente | Michèle Serafin |
| Secrétaire général | Laurent Dulau |
| Secrétaire général adjoint | Jérémy Dutour |
| Trésorier | Christophe Lenaerts |
| Trésorier adjoint | Matthieu Plouvier-Kuntz |
Dès les premiers jours, les élus ont pris en main les dossiers en cours. La présidente souligne la présence de soutiens dans la transition, avec les vice-présidents Benjamin Constant et Stéphane Zanchetta à leurs côtés.
« Pour aider dans la transition, nous pouvons aussi compter sur les vice-présidents Benjamin Constant et Stéphane Zanchetta (...). Nous prenons les responsabilités mais il faut une continuité avec les dossiers qui étaient en cours. »
Le contexte : une défaite qui oblige
Le renouveau intervient après une défaite historique lors des élections à la Chambre d’agriculture du Gers en février 2025, où la liste FDSEA/JA n’a recueilli que 32,99 % des suffrages dans le collège 1, le plus décisif, laissant la victoire à la Coordination rurale emmenée par Lionel Candelon. À cela se sont ajoutées des tensions internes, marquées par le départ d’un cadre, qui ont alimenté la nécessité d’un cap nouveau.
Sur cette base, la ligne est désormais d’ouvrir, d’écouter et d’expliquer. Retisser un lien de confiance requiert un travail de terrain, canton par canton, avec l’ambition de rassembler autour de positions claires sur la rémunération, l’accès à l’eau, l’adaptation aux aléas et la valorisation des métiers agricoles. Autant de thèmes qui structurent, dans le Gers, le quotidien des exploitations.
Retisser la confiance, réancrer le dialogue
Le bureau dit vouloir renouer un dialogue constant avec les adhérents pour clarifier les attentes et apporter des réponses concrètes. La déclaration d’intention est sans ambiguïté : redonner de la lisibilité à l’action syndicale et offrir des relais réactifs sur le terrain. La méthode annoncée mise sur le collectif et la complémentarité des fonctions.
- Réaffirmer une présence de proximité dans chaque canton.
- Assurer la continuité des dossiers en cours tout en réévaluant les priorités.
- Montrer des résultats tangibles pour regagner la confiance des exploitants.
Ce recentrage vise à répondre à une période d’incertitude pour de nombreuses fermes gersoises. Il s’agit, pour le syndicat, d’être identifié comme un appui utile dans le quotidien administratif, réglementaire et économique des exploitations.
Une transition encadrée pour renouer avec l’efficacité
La présidente insiste sur la dynamique collective. L’équipe, issue de désignations cantonales récentes, s’organise pour partager les tâches et sécuriser la mémoire des dossiers. Les vice-présidents cités doivent contribuer à fluidifier la période de passage de témoin. Le pari est d’allier réactivité et stabilité dans les prises de position, pour que la parole syndicale retrouve poids et crédibilité.
Reste, pour la FDSEA du Gers, à transformer cet élan en actions concrètes et visibles. La recomposition opérée en juin n’est qu’une étape : la reconquête se jouera sur la durée, au fil des réunions de terrain, des échanges avec les institutions agricoles et des chantiers ouverts auprès des adhérents.