Une progression notable malgré la décroissance démographique
Le paysage économique de la Meurthe-et-Moselle évolue : selon le baromètre ISM-MAAF publié début juillet, le nombre d'entreprises artisanales dans le département a augmenté de 25,5% sur les cinq dernières années. Cet essor se produit alors même que la région et plusieurs territoires locaux affichent une tendance à la baisse démographique.
À l'échelle du Grand Est, le secteur artisanal compte aujourd'hui 105 000 entreprises et, pour la Meurthe-et-Moselle, les artisans emploient 15 280 salariés. Ces chiffres témoignent d'un maillage d'activités de proximité renforcé, pour des services utiles au quotidien des habitants.
Répartition des métiers : bâtiment et services en tête
La structure du secteur départemental suit la tendance régionale : le bâtiment représente la plus grande part des créations artisanales, suivi par les services. Voici la répartition mise en avant par le baromètre :
- 39% : entreprises artisanales du bâtiment
- 38% : entreprises de services
- 16% : fabrication
- 7% : alimentation
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Progression sur 5 ans | +25,5% |
| Artisans en Grand Est | 105 000 |
| Salariés en Meurthe-et-Moselle | 15 280 |
Un rôle d'amortisseur et des limites
Les études citées dans le baromètre soulignent que l'artisanat joue un rôle d'amortisseur économique : en offrant des services de proximité et en maintenant de l'emploi, il contribue à l'attractivité des communes rurales comme urbaines. Mais les auteurs du rapport appellent à la prudence : certains métiers, notamment dans l'alimentation, présentent des signes d'érosion.
« La géographie de l’artisanat bat en brèche bien des idées reçues. Le nombre d’artisans progresse partout, y compris dans des départements qui perdent des habitants comme c’est le cas en Meurthe-et-Moselle. L’artisanat joue un rôle d’amortisseur économique et de maintien de services à la population »
La directrice des études de l'Institut supérieur des métiers souligne ainsi l'importance de soutenir ces savoir-faire. De son côté, la directrice marketing et communication de l'assureur MAAF rappelle que préserver ces entreprises, c'est aussi sauvegarder le lien social dans les territoires.
Conséquences pratiques pour le département
Pour les élus locaux, les chambres des métiers et les collectivités, ces chiffres invitent à adapter les politiques d'appui : formations ciblées, aides à la transmission, facilitation de l'installation en centre-bourg ou en périphérie des villes. Le maintien — et la création — d'artisans permet en effet de conserver des commerces et services essentiels : plomberie, électricité, menuiserie, mais aussi alimentation et services à la personne.
En Meurthe-et-Moselle, la dynamique observée n'efface pas les défis : concurrence, recrutement, coût des matières premières et évolution des habitudes de consommation restent des facteurs à surveiller. Le baromètre incite donc à un accompagnement public-privé pour consolider ces nouvelles entreprises et assurer leur pérennité.
La montée en puissance de l'artisanat dans le département est une donnée positive pour l'emploi local et la vie des communes. Reste à transformer cet élan en trajectoire durable, par des mesures concrètes adaptées aux réalités du terrain.