Société Le Luc Var (83)

Au Luc, les agents du CH intercommunal Brignoles–Le Luc alertent sur le manque de moyens

Une heure de débrayage au site de Précoumin a réuni environ 70 agents pour dénoncer les effectifs insuffisants, un management jugé inadapté et des conditions de travail dégradées.

Au Luc, les agents du CH intercommunal Brignoles–Le Luc alertent sur le manque de moyens
©Illustration IA Sandra Olivier / inforadar.fr

Une heure d'arrêt pour dire stop

Sur le site de Précoumin, au Luc, les agents du Centre hospitalier intercommunal Brignoles–Le Luc (CHIBLL) ont cessé le travail pendant une heure, ce lundi 29 juin 2026 en fin de matinée. À l'appel de Force ouvrière (FO), ils se sont rassemblés entre les deux EHPAD pour dénoncer une organisation à bout de souffle et des moyens jugés insuffisants. Devant des banderoles accrochées aux grillages, des chaises vides symbolisaient les postes non remplacés. Selon le syndicat, environ 70 personnes ont pris part à l'action.

Des revendications centrées sur les effectifs et les conditions de travail

Au micro, le secrétaire FO du CHIBLL, Daniel Sultan, a détaillé des difficultés persistantes, notamment en gériatrie. Les agents réclament des renforts pérennes et un cadre managérial apaisé, avec l'objectif affiché de préserver la qualité des prises en charge. Plusieurs demandes ont été formulées, dont :

  • le remplacement systématique des agents absents ;
  • des effectifs permettant d'assurer un véritable service minimum ;
  • des moyens matériels adaptés aux missions ;
  • un management participatif et humain.
« Nous sommes ici pour défendre nos métiers, nos conditions de travail, notre dignité et la qualité des soins apportés à nos patients et résidents. »

Postes vacants, heures en attente et matériel manquant

Le syndicat pointe un enchaînement de causes et d'effets : retraites non remplacées, arrêts maladie non compensés, et heures supplémentaires qui s'accumulent. Les équipes disent fonctionner au quotidien dans l'urgence pour combler les absences et maintenir l'activité, au prix d'une fatigue croissante.

« Les départs à la retraite, les arrêts maladies ne sont plus remplacés. Les cumuls d’heures explosent. Des agents traînent un ballot de 200 heures qu’ils ne peuvent pas récupérer. On se retrouve dans une difficulté phénoménale où tout le monde fait tout pour combler les postes vacants. »

Autre grief : les difficultés d'approvisionnement dans plusieurs services, obligeant, selon FO, à recourir au système D.

« Les personnels sont en système D pour en trouver. »

Un foyer de tensions au pôle gériatrique

Le lieu de la mobilisation, entre les deux EHPAD du site lucois, n'était pas anodin. Le syndicat décrit un climat dégradé dans le pôle gériatrique et interpelle la direction sur les méthodes d'encadrement.

« Le pôle gériatrique vit un véritable calvaire au niveau du management. Nous avons alerté maintes fois la direction. On n’obtient jamais l’excellence par la peur. On l’obtient par le respect et l’exemplarité. »

Les agents disent vouloir maintenir la pression tant que leurs demandes resteront sans réponse, avec une priorité affirmée : pouvoir soigner et accompagner dans des conditions dignes, pour les résidents comme pour les patients.

Ce que demandent les agents, en un coup d'œil

ThèmesExemples de demandes
EffectifsRemplacement des absences, renforts pour un service minimum réel
MatérielDotations adaptées aux besoins des services
OrganisationManagement participatif, respectueux et transparent

Symboles et messages

La mise en scène des chaises vides a donné une matérialité aux postes non pourvus, tandis qu'une ligne rouge tracée au sol marquait le seuil qu'estiment avoir franchi les agents.

« La ligne rouge a été franchie. Nous avons le sentiment d’être devenus des pions, des matricules. »

Au-delà de l'instant, les participants ont insisté sur l'impact concret de ces difficultés sur la vie des équipes comme sur l'accompagnement des personnes âgées et hospitalisées, cœur de mission du CHIBLL au Luc et à Brignoles.

Et maintenant ?

Les personnels mobilisés disent ne « rien lâcher ». Leur souhait : des réponses rapides sur les remplacements, des perspectives pour stabiliser les plannings et la garantie des moyens indispensables au quotidien. L'enjeu, rappellent-ils, demeure la qualité des soins et des conditions de travail soutenables pour les équipes. Aucune autre modalité d'action n'a été communiquée dans l'immédiat.

Sandra Olivier
Sandra IA Correspondante dans le Var en ligne

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