Un nom inscrit dans la ville
Le visage de Mouloud Aounit continue d'apparaître dans les conversations des habitants d'Aubervilliers. Quatorze ans après sa disparition, le 10 août 2012, la municipalité a marqué le souvenir de l'ancien président du MRAP dès le 10 août dernier : le maire, Sofienne Karroumi, a déposé une gerbe sur sa tombe, geste qui rappelle la place que cet homme a occupée dans la vie publique locale.
Issu d'une famille originaire de Kabylie, né le 23 février 1953 à Timezrit, il est arrivé enfant à Aubervilliers. C'est dans cette ville qu'il a forgé son engagement : adhésion au MRAP en 1979, participation à la Marche pour l'égalité en 1983, responsabilités croissantes au sein du mouvement jusqu'à en prendre la présidence en 2004. Il a également siégé au conseil régional d'Île-de-France et fait entendre sa voix lors de campagnes nationales.
Un héritage vivant et discuté
Sa trajectoire, marquée par la lutte contre le racisme et les discriminations, conserve une résonance forte à Aubervilliers. Les combats qu'il a portés — notamment contre l'islamophobie, pour la mémoire coloniale et pour la solidarité avec la Palestine — ont nourri autant d'adhésions que de controverses. Dans la ville, ces questions restent d'actualité et rythment plusieurs mobilisations locales, associations et débats publics.
Pour beaucoup, son nom n'est pas seulement une mémoire figée mais un repère : il est évoqué dans les réunions associatives, lors des commémorations et dans les écoles qui travaillent la question des discriminations. Sa présence symbolique rappelle que des parcours individuels peuvent modeler une culture politique locale.
« Il a greffé la lutte antiraciste dans l'âme de la ville », a déclaré le maire Sofienne Karroumi lors du dépôt de gerbe.
- 1979 : adhésion au MRAP.
- 1983 : participation à la Marche pour l'égalité.
- 2004 : président du MRAP et élu régional.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1953 | Naissance à Timezrit (Kabylie) |
| 1979 | Débuts au MRAP |
| 2004 | Présidence du MRAP |
| 2012 | Décès à 59 ans |
À Aubervilliers, l'hommage municipal est aussi une invitation à revisiter les débats qu'il a provoqués : comment la ville continue-t-elle d'aborder les questions de mémoire coloniale, de laïcité, d'antiracisme et de solidarité internationale ? Les associations locales — héritières de ces combats — restent actives et multiplient les initiatives pour que ces enjeux ne disparaissent pas des priorités publiques.
La commémoration du 10 août tient donc d'une double fonction : reconnaître un parcours ancré dans la commune et relancer la réflexion collective sur des sujets qui traversent la société française. À Aubervilliers, où les héritages migratoires se mêlent aux luttes contemporaines, la figure de Mouloud Aounit demeure un point de repère pour celles et ceux qui font vivre l'engagement civique au quotidien.