Un bilan contrasté pour l'eau du robinet à Auch
Le dernier rapport présenté par Véolia sur le service d'eau potable du Grand Auch dresse un inventaire nuancé : une eau globalement conforme aux normes, mais un réseau qui perd une part importante de sa production et qui nécessite des interventions ciblées. Le rendement — rapport entre le volume produit et celui facturé/consommé — est retombé à 73,2 %, soit une perte d'environ 26 % des volumes avant d'atteindre le robinet.
Sur la qualité proprement dite, les paramètres analysés en 2025 montrent une conformité majoritaire. La qualité microbiologique est respectée à 100 % ; les contrôles physico-chimiques atteignent 92,6 % de conformité. Néanmoins, plusieurs dépassements ponctuels ont été relevés et interpellent élus et services.
- Métaldéhyde : détecté en mai à 0,13 µg/L (limite 0,10 µg/L), un pesticide souvent retrouvé lors du lessivage printanier.
- Turbidité : une mesure à 3 NTU en décembre (limite 1 NTU), sans anomalie de fonctionnement identifiée.
- Chlore : des taux jugés élevés par l'Agence régionale de santé, qui poussent à l'élaboration d'un plan d'actions avec la ville.
« On se dit que c'est bon, mais il y a quand même deux dépassements de la limite de qualité. »
Cette mise en garde d'Eric Cadoré, vice-président du Grand Auch en charge du cycle de l'eau, rappelle la vigilance requise malgré une appréciation générale favorable.
Canalisations, CVM et mesures en bout de réseau
Le chlorure de vinyle monomère (CVM), substance surveillée dans les matériaux de canalisations, reste présent en fin de ligne. Véolia a repris en 2025 un programme d'analyses lancé l'année précédente pour mieux caractériser les conduites. Des actions concrètes ont été engagées : six purges automatiques ont été installées aux extrémités du réseau pour évacuer le CVM — une solution efficace mais consommatrice d'eau, selon les services.
| Indicateur | Résultat 2025 | Seuil |
|---|---|---|
| Rendement réseau | 73,2 % | - |
| Conformité microbiologique | 100 % | - |
| Conformité physico-chimique | 92,6 % | - |
| Métaldéhyde | 0,13 µg/L | 0,10 µg/L |
| Turbidité | 3 NTU | 1 NTU |
À cela s'ajoutent des chantiers identifiés par la collectivité : des travaux sur le réseau pour réduire les fuites, des diagnostics de canalisations et, à plus long terme, la construction d'une future usine de traitement évoquée par les élus pour fiabiliser l'alimentation et limiter les rejets indésirables.
Les conséquences locales sont multiples : un rendement qui diminue pèse sur les volumes prélevés et la facture collective, les purges entraînent une consommation supplémentaire d'eau et les dépassements de certains paramètres imposent un suivi renforcé pour préserver la confiance des usagers. Les services et la municipalité disent travailler à un plan d'actions, notamment avec l'ARS, pour corriger les points faibles sans remettre en cause la potabilité actuelle.
Pour les Auscitains, le message est double : l'eau du robinet reste, pour l'instant, globalement conforme, mais la trajectoire repose sur des investissements et des gestes techniques pour réduire les pertes et maîtriser les traces de contaminants.