Un salon improvisé sous les remparts
Par une fin d’après-midi où le soleil dore les pierres des remparts, quelques chaises de camping, des miroirs et des tondeuses suffisent à transformer la porte de l’Oulle en salon de coiffure à ciel ouvert. C’est là qu’intervient, une fois par mois, l’association Coiffure du Cœur, cofondée par Hélène Boiron.
« Donne tes mains pour servir et ton cœur pour aimer »
La fondatrice cite volontiers cette maxime — « Oh, c’est pas de moi, c’est de Mère Teresa ! » — pour décrire l’esprit de la démarche. Au-delà de la coupe offerte, l’objectif revendiqué est la présence humaine : rompre la solitude, restaurer l’estime de soi, recréer un échange entre bénévoles et bénéficiaires.
Plus qu’une coupe : un lien de confiance
Sur le trottoir, les cheveux et les paroles tombent dans la brise. À proximité, les bénévoles des Restos du Cœur distribuent boissons et repas chauds, matérialisant une coordination informelle entre associations. Les bénéficiaires sont souvent des habitués : l’ambiance mêle anecdotes, rires et confidences.
- Hamid, présent lors des maraudes depuis trois ans, plaisante sur sa coupe.
- Fouad, 47 ans, confie sa barbe à une bénévole et échange des plaisanteries.
- Patrick, sans domicile fixe, apprécie la constance d’une bénévole qui le coiffe depuis deux ans.
- Joseline, 73 ans, et Enzo, 11 ans, montrent la diversité des profils aidés.
Une permanence mensuelle, des services simples et concrets
L’intervention se veut accessible et sans formalité : coupes, tailles de barbe, gestes d’écoute. Le dispositif repose entièrement sur le volontariat et le matériel de base, mais il produit des effets tangibles sur le quotidien des personnes accueillies.
| Élément | Description |
|---|---|
| Lieu | Porte de l’Oulle, Avignon |
| Fréquence | Une fois par mois (maraude mensuelle) |
| Services | Coupes, tailles de barbe, présence et écoute |
Conséquences locales et perspectives
Sur le plan social, ces actions contribuent à prévenir l’isolement et à renforcer les réseaux d’entraide qui maillent Avignon. Elles participent également à rendre la ville plus humaine en temps réel : un vêtement propre, une coupe soignée, un sourire peuvent faciliter l’accès à d’autres services, à l’emploi ou au logement.
Cependant, la pérennité de tels dispositifs dépend de la mobilisation continue de bénévoles et de la coordination avec les acteurs sociaux locaux. Le modèle montre qu’à partir de moyens modestes, on peut produire des effets concrets sur la dignité et le bien-être des personnes fragilisées.
À Avignon, au pied des remparts, la programmation de la solidarité passe parfois par une paire de ciseaux et une chaise de camping — gestes simples qui, pour un instant, rendent la ville moins seule.