Une démolition visible au cœur des quartiers sud
La silhouette du bâtiment 36A a disparu. Après trois mois de chantier démarré le 4 mai, la déconstruction est achevée et laisse place au premier acte concret du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) qui vise à transformer les cités des Lacs, des Monts et des Arbres.
Les pelleteuses n’effacent pas pour autant les questions qui entourent l’opération. Retardée par la découverte d’amiante, la démolition a requis un protocole particulier et des contrôles métrologiques destinés à vérifier l’absence de diffusion de particules.
"Il y a eu de la métrologie pour vérifier qu'il n'y ait pas de diffusion de particules. Il n'y en a pas eu et cela s'est très bien passé."
La déclaration d’Emmanuelle de Gentili, première adjointe au maire déléguée à la politique de la ville et au renouvellement urbain, vise à rassurer les riverains. Reste que ces précautions ont fortement pesé sur la facture.
Des coûts largement revus à la hausse
Le surcoût est net. Pour la démolition du 36A, la dépense initiale estimée à 250 000 € s’est transformée en une facture proche de 700 000 €. La phase suivante, confiée à l’Office public de l’habitat de la Collectivité de Corse — la démolition des bâtiments 32 et 33 — connaît une dérive encore plus forte.
| Opération | Estimation initiale | Coût actuel |
|---|---|---|
| Démolition 36A | 250 000 € | ~700 000 € |
| Démolition 32 et 33 | 2 500 000 € | ~12 000 000 € |
Au total, la municipalité présente un projet de transformation des quartiers sud chiffré à 56 M€. Mais les aléas techniques et sanitaires pèsent sur le calendrier et la soutenabilité financière du programme.
Habitants partagés entre soulagement et inquiétude
Sur le terrain, les émotions sont mêlées. Certains accueillent la démolition comme une fin d’insécurité et une promesse de logements ou d’espaces mieux conçus. D’autres craignent des relogements mal assurés, des délais prolongés et une hausse de la facture publique.
- La déconstruction du 36A conclue après trois mois de travaux.
- Des protocoles sanitaires stricts appliqués après découverte d’amiante.
- Un surcoût majeur pour la phase suivante (32 et 33) : près de 10 M€ supplémentaires.
La suite du chantier dépend désormais de l’Office public de l’habitat et des études complémentaires qui devront préciser la nature des déchets et les modes d’élimination. Les habitants attendent des garanties sur les relogements et sur le calendrier des opérations à venir.
Sur la route des cités des Monts, la rue porte encore les traces des travaux. La transformation promise reste visible mais coûteuse. Le chantier, lui, continue.