Un dispositif municipal contre l'offre touristique durablement installé
La ville de Bastia a dressé, lors d'un conseil municipal du 16 juillet, le premier bilan de sa politique destinée à lutter contre la transformation des logements en meublés touristiques. Mis en place au 1er juin 2023, le dispositif repose sur deux axes : l'immatriculation des logements et une procédure de changement d'usage, complétés par un mécanisme de compensation pour les propriétaires multi-biens.
La réglementation impose ainsi que les propriétaires qui exploitent plusieurs biens en meublés de tourisme compensent cette activité par la mise à disposition, à l'année, d'un logement équivalent dans le même périmètre. La municipalité cible en priorité les quartiers historiques, où se concentrerait une grande majorité des locations courtes durées.
- Zones ciblées : la citadelle génoise et le vieux-port.
- Entrée en vigueur du dispositif : 1er juin 2023.
- Mécanismes : immatriculation, changement d'usage, compensation.
Chiffres présentés par la mairie
Lors du point d'étape, le maire autonomiste a avancé des résultats concrets. La commune affirme avoir "rendu" 233 logements aux habitants à l'année. Le bilan communiqué précise aussi des fermetures et cessations d'activité :
| Indicateur | Valeur communiquée |
|---|---|
| Logements "rendus" aux Bastiais | 233 |
| Meublés de tourisme ayant fermé | 191 |
| Propriétaires ayant cessé l'activité | 149 |
"[La ville a] rendu 233 logements aux Bastiais" — Gilles Simeoni
La municipalité insiste sur la concentration géographique du phénomène : selon ses services, près de 70 % des meublés de tourisme se situeraient dans les quartiers anciens de la ville. C'est donc là que les contrôles et les mesures de compensation ont été prioritairement appliqués.
Conséquences locales et enjeux
Ces premières données servent de preuve de capacité d'action pour la municipalité, qui veut éviter que le centre historique ne se transforme en espace essentiellement touristique. Pour les résidents, l'enjeu est double : retrouver des logements disponibles à l'année et préserver la mixité sociale des quartiers anciens.
Sur le terrain, la mise en œuvre passe par des procédures administratives nouvelles pour les propriétaires et des contrôles municipaux renforcés. La mesure de compensation, en particulier, crée une contrainte concrète pour qui détient plusieurs biens sur le territoire communal.
Reste à mesurer l'effet à moyen terme : la pérennité des retours de logements en location annuelle et l'impact sur le marché locatif local dépendront de la continuité de l'application des règles et de la capacité de la mairie à faire respecter les obligations imposées aux loueurs.
La municipalité présente ces chiffres comme un premier succès. Les détails de la suite de la démarche — contrôles supplémentaires, sanctions éventuelles, et suivi des logements concernés — n'ont pas été précisés lors du bilan public.