Un verdict attendu après deux mois d’audience
Jeudi 2 juillet, la cour d’assises spéciale d’Aix-en-Provence a livré son arrêt dans le procès en appel du double assassinat de Bastia-Poretta. Au terme de deux mois de débats, les magistrats ont prononcé une série de peines lourdes. Le principal accusé, Christophe Guazzelli, est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. La cour ajoute une mesure d’interdiction de se rendre en Corse pendant 10 ans. En première instance, il avait écopé de 30 ans de réclusion dont 20 ans de sûreté.
Ce procès renvoie au 5 décembre 2017, jour où Antoine Quilichini et Jean-Luc Codaccioni, figures du banditisme insulaire, ont été abattus sur le parking de l’aéroport de Haute-Corse. Les faits, d’une violence rare et en plein espace public, ont durablement marqué les esprits à Bastia et dans l’île.
Rappel des faits et cadre judiciaire
L’audience d’appel s’est tenue devant une juridiction spécialement composée, compétente pour les dossiers de criminalité organisée. Les juges ont suivi la ligne d’une répression particulièrement ferme. Dans ce dossier tentaculaire, la cour a décliné des peines individualisées et, pour plusieurs accusés, des interdictions de séjour en Corse pendant 10 ans.
« La plus haute peine prévue par le Code pénal »
La formulation souligne la portée de la décision contre le tireur reconnu, référence explicite à la perpétuité assortie d’une longue période de sûreté.
Peines prononcées connues à ce stade
Voici les condamnations détaillées telles qu’énoncées par la cour pour plusieurs des accusés. Les informations suivantes reprennent les éléments disponibles à l’issue du verdict.
| Accusé | Peine | Sûreté | Interdiction Corse | Rappel 1re instance |
|---|---|---|---|---|
| Christophe Guazzelli | Perpétuité | 22 ans | 10 ans | 30 ans dont 20 ans de sûreté |
| Richard Guazzelli | 25 ans | 16 ans | 10 ans | Même peine |
| Christophe Andreani | 23 ans | 13 ans | 10 ans | 25 ans dont 13 ans de sûreté |
| Abdel-Hafid Bekouche | 15 ans | — | — | 25 ans dont 15 ans de sûreté |
| Cathy Chatelain | 22 ans | 12 ans | 10 ans | 23 ans |
Pour Abdel-Hafid Bekouche, la cour prononce un acquittement partiel concernant le double assassinat et la tentative d’assassinat, mais le condamne pour recel criminel et association de malfaiteurs à 15 ans de réclusion. D’autres peines ont été rendues dans ce dossier impliquant 11 accusés au total, avec des degrés de responsabilité distincts.
Un dossier qui a tenu Bastia en haleine
L’affaire dite de Bastia-Poretta s’est inscrite au cœur de l’actualité locale depuis 2017. La scène du crime, un parking attenant à l’infrastructure aéroportuaire de Haute-Corse, a renforcé la dimension sensible du dossier pour les usagers réguliers et les professionnels du site. Les audiences rythment depuis des années un récit judiciaire complexe, nourri de confrontations, d’expertises et de retours sur les trajectoires des protagonistes.
Les peines d’interdiction de séjour en Corse pour certains condamnés auront des incidences concrètes sur leurs déplacements et leur ancrage territorial à la sortie de détention. Sur place, ces décisions confirment une ligne de fermeté assumée par la juridiction d’appel face à des crimes commis en pleine voie d’accès publique.
Conséquences et prochaines étapes
Le verdict de ce 2 juillet clôt l’étape de l’appel pour les mis en cause. Des voies de recours demeurent en droit, sans remettre en cause les constats factuels des juges d’appel. Pour les proches des victimes, la décision marque un moment charnière. Dans la cité bastiaise, ce procès rappelle la gravité des faits commis à proximité immédiate d’un équipement stratégique du territoire.
- Des peines très lourdes, dont la perpétuité avec 22 ans de sûreté pour le principal accusé.
- Des interdictions de séjour en Corse prononcées pour plusieurs condamnés.
- Un dossier emblématique de la lutte contre la criminalité organisée, jugé par une cour spéciale.