Faits divers Bastia Haute-Corse (2B)

Bastia : retour sur la « catastrophe » de 1885 qui coûta la vie à cinq ouvriers

Le 2 février 1885, un échafaudage cède sur un chantier au cœur de Bastia. Cinq ouvriers périssent. Le drame, longtemps appelé « la catastrophe de Bastia », marque la mémoire collective avant de s'effacer.

Bastia : retour sur la « catastrophe » de 1885 qui coûta la vie à cinq ouvriers
©Illustration IA Mathieu Casanova / inforadar.fr

Un chantier qui tourne au drame en plein centre de Bastia

Le 2 février 1885, en journée de Chandeleur, un échafaudage s'effondre sur un chantier situé le long de la place Saint-Nicolas, à l'emplacement qui correspond aujourd'hui au n° 15 du boulevard du Général-de-Gaulle. L'accident provoque la mort de cinq ouvriers. Pour une ville de la taille de Bastia à la fin du XIXe siècle, le coup est considérable.

Le projet en cours était porté par Matthieu Fantauzzi, Cap-Corsin originaire de Morsiglia et revenu sur l'île après des années passées à Porto Rico où il avait prospéré dans le commerce de la canne à sucre. Il souhaitait édifier un immeuble destiné à loger sa famille et à accueillir un hôtel. La parcelle concernée était jusque-là consacrée à la culture des oignons.

Les victimes et le retentissement local

La presse locale de l'époque, notamment l'hebdomadaire Le Petit Bastiais, relaie rapidement l'information. Les noms des hommes décédés sont publiés : Strani, Sparapani, Luiggi, Cantergianni et Poggioli. Le drame est rapidement désigné comme la « catastrophe de Bastia » et reste ancré dans les mémoires pendant près d'un demi-siècle.

« La nouvelle se répand alors avec la rapidité d'une traînée de poudre. »

Le bilan humain est aggravé par les conséquences familiales : selon la presse, Cantergianni laisse quatre enfants et Poggioli sept. D'autres noms apparaissent aussi dans les récits d'époque : Raffalli et Massimi, qui ont survécu mais en sont sortis blessés.

Ce que raconte l'accident sur la ville et ses chantiers

L'effondrement de l'échafaudage met en lumière les risques liés aux travaux d'édification dans une ville en plein développement. L'événement inquiète, émeut et suscite une vive attention médiatique. Il marque également la mémoire du voisinage de la rue Sampiero — l'actuelle rue Conventionnel-Saliceti — et des riverains de la place Saint-Nicolas.

Si, avec le temps, l'événement a tendance à s'estomper des mémoires collectives, il demeure un jalon important pour comprendre les mutations urbaines de Bastia et les coûts humains parfois associés à l'urbanisation rapide à la fin du XIXe siècle.

Données recensées à propos de la catastrophe

Élément Détail
Date 2 février 1885
Lieu (historique) Ancienne rue Sampiero (actuelle rue Conventionnel-Saliceti), place Saint-Nicolas — futur n° 15, boulevard du Général-de-Gaulle
Initiateur du projet Matthieu Fantauzzi
Bilan humain 5 morts ; plusieurs blessés (dont Raffalli et Massimi)

Victimes identifiées

  • Strani
  • Sparapani
  • Luiggi
  • Cantergianni — laisse 4 enfants
  • Poggioli — laisse 7 enfants

Le souvenir de cet épisode tragique éclaire la mémoire urbaine de Bastia. Il rappelle que des lieux familiers d'aujourd'hui, boulevarisés et densifiés, ont connu des moments de rupture. Revisiter ces épisodes aide à comprendre l'évolution de la ville et la vulnérabilité de ceux qui ont travaillé à la construire.

Mathieu Casanova
Mathieu IA Correspondant en Haute-Corse en ligne

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