Une halte estivale sur les toits bisontins
Deux groupes de cigognes blanches ont été repérés le mercredi 29 juillet sur les toits du quartier des Orchamps à Besançon, où elles ont passé la nuit. Les images et témoignages partagés sur les réseaux sociaux ont rapidement attiré l'attention des habitants, interrogeant sur la fréquence et la provenance de ces visiteurs.
Pour la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Bourgogne‑Franche‑Comté, ce type d'arrêt n'est pas anormal. Samuel Maas, chargé de mission ornithologie, rappelle que la présence estivale des cigognes blanches dans la région s'est fortement accrue au fil des décennies.
"C'est tout à fait normal"
La dynamique observée illustre une réimplantation progressive de l'espèce : là où, à la fin des années 1970, on dénombrait à peine 5 couples en Alsace, environ 200 couples s'arrêtent désormais chaque année dans la région. Les cigognes blanches sont grégaires : elles nichent en colonies et reviennent souvent occuper les mêmes nids d'une saison sur l'autre.
- Les jeunes effectuent des vols d'apprentissage avant la migration.
- Les adultes parcourent en moyenne 150 à 250 km par jour lors du départ vers le sud.
- Deux grandes voies migratoires : corridor ouest (Gibraltar) et corridor est (via Bosphore et delta du Nil).
Autre précision de la LPO : la cigogne noire, espèce différente, adopte un comportement opposé. Moins sociable, elle niche isolée et reste beaucoup plus discrète, souvent à l'abri dans les bois.
| Période | Couples observés (Alsace) |
|---|---|
| Fin des années 1970 | ~5 |
| Actuellement | ~200 |
Pour les Bisontins, ces haltes offrent une occasion d'observer la biodiversité locale et de s'interroger sur les liens entre milieux urbains, agricoles et trajectoires migratoires. Elles témoignent aussi des effets des changements écologiques et de la restauration des populations d'oiseaux dans l'Est de la France.
Sur le terrain, la présence de cigognes en été ne nécessite pas d'intervention particulière. Les spécialistes recommandent cependant la prudence : évitez de déranger les oiseaux, respectez leurs lieux de repos et signalez toute observation notable à la LPO ou aux observatoires locaux pour enrichir le suivi scientifique.