Une usine historique de Besançon menacée par la concurrence internationale
Le groupe industriel R. Bourgeois, installé à Besançon depuis 1929, tire la sonnette d'alarme. Confronté à une concurrence étrangère jugée « significativement déséquilibrée », le dirigeant du groupe avertit que l'activité du site bisontin est en péril et qu'il redoute des suppressions d'emplois si la situation ne change pas.
Le site historique emploie 450 salariés à Besançon et l'ensemble du groupe compte 1 100 employés dans le monde. Selon la direction, les prix des aciers magnétiques importés d'Asie sont aujourd'hui « quasiment 50 % » inférieurs à ceux des aciers européens, ce qui contraint le groupe à revoir la répartition de sa production.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Effectif mondial | 1 100 |
| Effectif site de Besançon | 450 |
| Baisse de production constatée | 10 à 20 % |
Conséquence immédiate : une diminution de 10 à 20 % du volume de production sur le site bisontin. Ce recul n'est pas la conséquence de commandes perdues au sens strict, mais de transferts de fabrication vers le site chinois du groupe, jadis dédié au marché asiatique.
« Je ne veux pas me résoudre à devoir supprimer des postes ici, dans le berceau de l’entreprise »
Ces mots, prononcés par Raymond-Nicolas Bourgeois, directeur général, illustrent la gravité du sujet pour la direction et les salariés. Le patron souligne aussi que certaines mesures annoncées par l'Union européenne — réduction des quotas d'importation et taxation au-delà de ces quotas — ne traitent pas de toutes les catégories de produits. D'après lui, ces protections ne couvriraient pas les éléments de moteurs qui intéressent son entreprise.
Sur le terrain, les salariés ont déjà réagi. Un mouvement symbolique a eu lieu le 28 avril, avec un débrayage d'une demi-heure. L'objectif : alerter sur la fragilité de l'activité locale et montrer l'attachement au site de Besançon, perçu comme le « berceau » historique de la maison.
Pour la ville de Besançon et pour le Doubs, la situation soulève des questions économiques et sociales. Une baisse durable de l'activité industrielle pèserait sur l'emploi local, les sous-traitants et l'écosystème industriel régional. Les mesures européennes évoquées pourraient atténuer la concurrence mais, selon la direction de R. Bourgeois, elles ne résolvent pas entièrement les distorsions qui poussent les donneurs d'ordres à externaliser certaines fabrications.
À court terme, la trajectoire du site dépendra des décisions des principaux clients du groupe, des réponses commerciales face aux prix bas de l'Asie et des éventuelles aides ou protections ciblées. Le dossier mérite une attention particulière des acteurs locaux et nationaux pour préserver l'emploi industriel à Besançon.
- 450 salariés travaillent à Besançon.
- Le groupe a transféré des fabrications vers son site chinois.
- Production locale en recul : 10 à 20 %.