Une émission improvisée dans un manoir près de Blois
Depuis début 2025, un manoir situé sur la route nationale à Saint-Gervais-la-Forêt, à l’entrée de l’agglomération de Blois, sert de décor à une série de vidéos qui comptabilisent des audiences importantes sur les plateformes sociales. À l’origine de ce projet : Mounim Sabhi, connu localement pour sa présence nocturne et sa visibilité sur Snapchat puis TikTok.
Une aide supposée, vite transformée en spectacle
Le principe affiché de l’expérience était simple : offrir un toit et de la nourriture à des personnes en difficulté, puis les accompagner. Mais, d’après plusieurs témoins, la réalité s’est rapidement muée en une forme de télé-réalité où disputes, jalousies et humiliations sont filmées pour être monétisées.
« Il voulait héberger les personnes sans abri et les aider. Il a commencé à les filmer et il a vu que les gens appréciaient »
Selon une personne présente au lancement du projet, devenue témoin, des scènes provoquées et des mises en situation seraient répandues afin d'alimenter le compte. « Tout est scénarisé », affirme cette témoin.
- Le compte TikTok de la « Team du château » réunit environ 108 000 abonnés.
- Certaines vidéos ont dépassé les 2 millions de vues, selon les extraits publics consultés.
- Des personnes en situation de vulnérabilité (précaires, parfois dépendantes) seraient filmées sans protection suffisante de leur vie privée.
| Indicateur | Chiffre cité |
|---|---|
| Abonnés TikTok | 108 000 |
| Vues maximales observées | 2 000 000 |
Des pratiques qui interrogent
Les séquences diffusées montrent régulièrement des jeux de provocations, des scènes d'humiliation et des personnes exposées dans des moments de faiblesse : alcoolisme, pleurs, ou blessures. Ces choix éditoriaux suscitent des interrogations sur le consentement réel des personnes filmées et sur un éventuel basculement vers des pratiques illégales, du simple abus de faiblesse à des qualifications plus graves.
À ce stade, les éléments disponibles proviennent de témoignages et d'extraits publics. Les désordres décrits mettent cependant en lumière des enjeux concrets pour la proximité : protection des personnes vulnérables, responsabilités du propriétaire des lieux et des diffuseurs de contenus, et conséquences pour le voisinage et l'image de l'agglomération blésoise.
Les autorités locales, associations d’aide aux personnes sans domicile et plateformes numériques sont les acteurs attendus pour clarifier la situation et, le cas échéant, agir. En attendant des suites judiciaires ou administratives, ces pratiques rappellent la fragilité des protections face à l'économie de l'attention et la nécessité d'une vigilance renforcée à l'échelle locale.