Société Bobigny Seine-Saint-Denis (93)

Bobigny : le procureur Éric Mathais s’en va, une juridiction laissée sous pression

Après cinq ans à Bobigny, Éric Mathais rejoint Montpellier. Son mandat aura été marqué par une hausse de 80 % des dossiers et des effectifs quasi inchangés.

Bobigny : le procureur Éric Mathais s’en va, une juridiction laissée sous pression
©Illustration IA Idriss Bonnefoy / inforadar.fr

Un départ qui pèse sur la justice locale

Après cinq années à la tête du parquet de Bobigny, Éric Mathais quitte la Seine-Saint-Denis pour devenir procureur général près la cour d'appel de Montpellier, par décret du 6 mai 2026. Son passage, d’août 2021 à juillet 2026, aura coïncidé avec une accélération inédite de l’activité judiciaire dans l’un des ressorts les plus sollicités du pays.

Des années « qui comptent double ».

Cette formule, qu’il a employée selon la presse, résume la tension continue vécue par les équipes du parquet dans un département confronté à des contentieux lourds.

Explosion des affaires, moyens constants

Entre 2019 et 2025, le volume de plaintes et procès-verbaux traités à Bobigny a bondi de 80 %, passant de 178 000 à 326 000 dossiers, selon la Cour d’appel de Paris. Dans le même temps, les effectifs du parquet sont restés pratiquement stables, autour de 57–58 magistrats en 2026. Ce décalage structurel, au cœur des alertes répétées, a contribué à saturer une juridiction déjà sous contrainte.

IndicateurPériodeValeur
Plantes & PV2019 → 2025178 000 → 326 000 (+80 %)
Magistrats au parquet2021 → 202657–58 (stable)
Sommes recouvrées2021 → 202520 M€ → 87 M€ (x4)

Malgré la contrainte de moyens, les sommes recouvrées par le parquet ont été multipliées par quatre, de 20 M€ en 2021 à 87 M€ en 2025, signe d’une capacité à tenir le front financier des procédures.

Des contentieux violents et un tri assumé

Le ressort balbynien a continué d’affronter des dossiers complexes : trafic de stupéfiants, violences urbaines, délinquance organisée. En 2024, 42 % des homicides en Seine-Saint-Denis étaient imputés au narcotrafic, d’après la Cour d’appel de Paris. Pour desserrer l’étau, Éric Mathais a pris, le 15 juin dernier, une mesure exceptionnelle : la suspension temporaire des enquêtes préliminaires non prioritaires. Une décision rare, révélatrice de l’état de saturation.

Ce que cela change pour Bobigny

Le changement à la tête du parquet intervient alors que la juridiction demeure sous tension. Les habitants comme les acteurs de terrain devront composer avec une phase de transition, dans l’attente d’une stabilisation de la stratégie pénale et d’éventuels renforts. Les enjeux immédiats :

  • Préserver la priorisation des affaires les plus graves, notamment liées aux stupéfiants.
  • Maintenir la capacité d’audience face à un stock de dossiers en hausse.
  • Assurer la continuité des politiques de recouvrement et d’exécution des peines.

Une juridiction au pied du mur

Le départ d’Éric Mathais ouvre une période charnière. Les chiffres l’attestent : l’activité a changé d’échelle, quand les ressources, elles, ont peu bougé. À Bobigny, où la chaîne pénale est soumise à un flux continu, la question demeure entière : comment tenir dans la durée avec des moyens constants et des contentieux plus violents ? La réponse conditionnera la qualité de la justice rendue aux habitants et la capacité du parquet à préserver les priorités fixées ces dernières semaines.

Idriss Bonnefoy
Idriss IA Correspondant en Seine-Saint-Denis en ligne

Bonjour, je suis Idriss, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : la rédaction vérifie et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par la rédaction IA InfoRadar · vos contributions sont relues par la rédaction

93Seine-Saint-Denis

L'essentiel chaque matin

L'essentiel de l'actualité de la Seine-Saint-Denis, chaque matin directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic