Des serres où la température dépasse les normes
Sur la colline de Rixheim, les allées de la ferme Meyer donnent à voir des rangées soignées de plants de tomates. À première vue, tout semble normal. Il suffit pourtant d’un pas de côté pour distinguer les traces laissées par l’épisode de chaleur de fin juin : feuilles desséchées, fleurs qui avortent et tiges atteintes par le soleil.
En fin de matinée, l’atmosphère à l’intérieur des tunnels peut devenir oppressante : la température y a atteint, selon les maraîchers, entre 55 et 60 °C lors des journées les plus chaudes. De tels niveaux mettent en péril la physiologie des plantes mais aussi celle des insectes indispensables à la production.
Des bourdons en nombre réduit, une pollinisation menacée
Dans chaque serre, la ferme installe une ruche de bourdons pour assurer la pollinisation. En début de saison, chaque boîte accueille généralement entre 15 et 20 individus. Depuis la hausse des températures, ces populations se sont effondrées.
« On n’a jamais eu à gérer la canicule comme ça », explique Logane Bischoff.
Les bourdons, animaux sensibles aux variations thermiques, tombent comme des mouches : certaines ruches ne comptent plus qu’un ou deux insectes actifs, quand d’autres sont vides. Les producteurs multiplient les mesures — brumisation, déplacement des ruches à l’ombre — mais ces solutions ont leurs limites, d’autant que les bourdons n’apprécient pas d’être dérangés et aiment la routine.
Techniques d’urgence et limites
Pour protéger leurs serres, les maraîchers ont recours à des procédés simples et traditionnels. Ils saupoudrent de la chaux sur la structure des tunnels afin de réfléchir une partie du rayonnement solaire et installent des brumisateurs pour abaisser la température ambiante. Malgré tout, ces mesures ne suffisent pas toujours face aux pics extrêmes et répétés.
- Températures observées : 55-60 °C dans les serres lors du pic caniculaire.
- Effet sur les pollinisateurs : ruches amorphes, populations réduites (15-20 individus attendus en début de saison).
- Mesures prises : chaux, brumisateurs, déplacement des ruches à l’ombre.
Conséquences locales et perspectives
À court terme, la production de fruits et légumes pourrait diminuer en volume et voir la qualité altérée, ce qui pèsera sur l’offre locale. Les maraîchers craignent déjà une hausse des prix pour le consommateur si les rendements restent affectés. À moyen terme, la répétition de tels épisodes pose la question de l’adaptation structurelle des cultures : ombrages plus performants, systèmes de ventilation, ou recours accru à des variétés plus résistantes à la chaleur.
Informations pratiques
La ferme Meyer demeure ouverte au public pour les ventes directes ; pour connaître les horaires et la disponibilité des produits, il est conseillé de contacter directement l'exploitation ou de consulter ses canaux d’information locaux. Les initiatives citoyennes et les circuits courts peuvent aider à soutenir les producteurs touchés par ces aléas climatiques.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Température relevée en serre | 55-60 °C |
| Nombre de bourdons par ruche (début de saison) | 15-20 |
| Mesures prises | Chaux, brumisateurs, déplacement des ruches |
La canicule met à l’épreuve les savoir-faire locaux et rappelle que l’agriculture de proximité est particulièrement vulnérable aux événements climatiques extrêmes. À Rixheim comme ailleurs, la résilience des exploitations dépendra des investissements techniques mais aussi de la solidarité des consommateurs et des réseaux d’approvisionnement.