Moins de bourdons nocturnes, pas nécessairement moins de moustiques
À première vue, l’été 2026 surprend : après des semaines de températures exceptionnellement élevées, nombreux sont ceux qui notent l’absence du bourdonnement et des piqûres habituelles. Pour Grégory Lambert, entomologiste médical à l'EID Méditerranée, cette impression ne signifie pas que les moustiques ont disparu.
« Ce n’est pas parce que nous croisons moins de moustiques qu’ils ont disparu »
Selon l'expert, la réponse tient à des ajustements de comportement et à des contraintes écologiques imposées par la chaleur. Face aux pics de température, ces insectes cherchent des micro‑refuges humides — zones ombragées, caves, végétation dense, cours d’eau et habitats artificiels à forte humidité — où la température et l'humidité restent compatibles avec leur survie.
Autre point majeur : la canicule agit différemment selon les stades biologiques. Les adultes peuvent se replier, tandis que les œufs et les larves, dépendants de l’eau, sont sensibles à la disparition ou à la concentration des gîtes larvaires. Le résultat peut être paradoxal : moins de moustiques visibles en journée ou sur les terrasses, mais des populations persistantes à l’abri, prêtes à réapparaître quand les conditions deviennent plus favorables.
Ce que cela change pour le public et pour la prévention
- Perception : l'absence de nuisances immédiates n'exclut pas un risque — les moustiques peuvent rester actifs à l'aube et au crépuscule ou dans les zones humides oubliées.
- Contrôle : les opérations de démoustication doivent tenir compte de ces refuges et des variations saisonnières de l'eau stagnante.
- Surveillance : il est essentiel de maintenir la veille entomologique, car une pluie après une période chaude peut entraîner un pic d'émergence.
Pour le grand public, la règle reste simple : limiter les gîtes de reproduction (soucoupes de pots, récipients, eaux stagnantes), favoriser des aménagements qui réduisent l'accumulation d'eau et rester vigilant lors des heures propices aux piqûres. Les épisodes de canicule modifient le paysage des nuisances mais n'annulent pas les mécanismes écologiques qui régissent les populations de moustiques.
| Facteur lié à la canicule | Effet sur les moustiques |
|---|---|
| Température élevée | Déplacement vers des zones ombragées et humides |
| Diminution des gîtes larvaires | Réduction locale des émergences, selon la disponibilité d'eau |
| Pluies après canicule | Risque d'augmentation soudaine des populations |
En résumé, la canicule modifie la visibilité et le comportement des moustiques sans forcément réduire durablement leur présence. La période invite plutôt à la prudence et à la poursuite des gestes de prévention, car le retour d'humidité peut rapidement inverser la situation.