Un changement de mains qui concerne tout le bassin industriel francilien
Renault a confirmé jeudi la signature d'un accord portant sur la vente de l'entité Alpine Racing SAS, implantée à Viry-Châtillon (Essonne), au groupe belge Dumarey. Spécialisé dans les services d'ingénierie avancée, le repreneur se dit décidé à intégrer et développer l'expertise du site, héritière de décennies de travaux en propulsion et en sport automobile.
Le communiqué précise que l'acquisition prévoit la reprise des équipes et des actifs nécessaires à l'exploitation. L'ensemble des effectifs de l'entité — soit environ 150 personnes — devrait être repris par Dumarey, selon Renault et l'acquéreur. Le projet a été présenté aux représentants du personnel lors d'un CSE exceptionnel, étape préalable à la finalisation de l'opération.
Garanties sociales, calendrier et conditions
Renault s'est engagé à accompagner la transaction « de manière responsable et dans le respect du dialogue social », en ajoutant que le maintien des avantages sociaux et des salaires serait garanti pendant 24 mois. La cession doit toutefois être finalisée après la procédure d'information-consultation des représentants du personnel et l'obtention des autorisations réglementaires requises.
- Site : Alpine Racing SAS, Viry-Châtillon (Essonne)
- Repreneur : Groupe Dumarey (Belgique)
- Effectifs concernés : ~150 salariés
- Garantie annoncée : avantages et salaires pendant 24 mois
Contexte et perspectives techniques
Le site, centre d'excellence historiquement lié au développement des groupes motopropulseurs pour la compétition, avait vu Renault annoncer son retrait du secteur des moteurs de Formule 1 en 2024 et l'arrêt de la production de ces moteurs fin 2025. Des projets de reconversion avaient été évoqués — notamment une orientation vers l'ingénierie liée à la mobilité hydrogène — mais l'offre de reprise par Dumarey ouvre une autre trajectoire : renforcer et élargir les capacités d'ingénierie en conservant une expertise haut de gamme en moteurs haute performance, électrification et technologies d'essais.
« Cette opération constitue une opportunité solide et cohérente pour la pérennisation et le développement des expertises du site », a souligné Axel Plasse, vice‑président d'Alpine Tech.
Dans le détail, Dumarey entend diversifier son portefeuille vers le motorsport et intégrer une expertise « de classe mondiale » en développement de propulsions et en bancs d'essais, selon le communiqué commun. Pour les salariés et les sous‑traitants locaux, la mise en œuvre concrète de ces promesses reste la clé.
Réactions locales et enjeux territoriaux
Du côté des élus et représentants du territoire, la décision suscite vigilance et demandes de garanties supplémentaires. Méhadée Bernard, présidente (PCF) du Grand‑Orly Seine‑Bièvre, a rappelé l'attente de respect des engagements pris par Renault envers le territoire :
« Nous savions qu’une épée de Damoclès planait au‑dessus de ce site. Mais nous n’acceptons pas d’apprendre sa vente sans que le comité de suivi ait été réuni. Renault doit respecter ses engagements envers le territoire. »
Pour les communes voisines de l'Ouest francilien, dont Châtillon, l'enjeu est double : préserver les emplois spécialisés et maintenir l'écosystème des sous‑traitants et des parcours de formation liés à l'industrie automobile et à la R&D. La réussite de la transition dépendra des décisions opérationnelles du repreneur et du suivi des engagements sociaux pendant les deux prochaines années.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Effectifs concernés | ~150 |
| Durée garantie des avantages/salaires | 24 mois |
| Origine du site | Centre Alpine / Renault, près de 40 ans d'expertise |
À court terme, les syndicats et les élus demandent la tenue de réunions de suivi et la clarification des projets industriels réels de Dumarey pour le site. À moyen terme, la mutation doit permettre, si les promesses sont tenues, de sauvegarder des savoir‑faire rares et d'alimenter les filières techniques de l'Île‑de‑France. Pour les habitants de Châtillon, c'est une étape à observer de près, tant pour l'emploi direct que pour les retombées économiques locales.