À Digne-les-Bains, un point d’étape tendu sur la carte scolaire
Réunis ce mardi à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de Digne-les-Bains, les représentants du Snes-FSU et du Snep-FSU ont pris connaissance des derniers arbitrages pour la prochaine rentrée dans les collèges des Alpes-de-Haute-Provence. Au cœur de l’échange : quelques ouvertures de classes actées, mais aussi une suppression qui alimente l’inquiétude des équipes et des familles.
« Ils ont annoncé la création de cinq classes dans les collèges, mais en ont supprimé une autre. »
Cette synthèse livrée par Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU et enseignant à Forcalquier, ne suffit pas à lever les craintes. Le syndicaliste rappelle la séquence de contestation enclenchée au printemps, marquée par une opération « collèges morts », et constate un atterrissage jugé trop timide.
Où les ouvertures sont prévues, et où elles reculent
Selon les éléments partagés par la FSU, la carte des mesures se précise autour de plusieurs établissements du département. Voici ce qui a été annoncé pour les collèges :
| Établissement | Commune (si précisée) | Mesure annoncée |
|---|---|---|
| Collège de Sainte-Tulle | Sainte-Tulle | +1 classe |
| Collège de Château-Arnoux-Saint-Auban | Château-Arnoux-Saint-Auban | +1 classe |
| Collège de Forcalquier | Forcalquier | +1 classe |
| Gassendi | Digne-les-Bains | +2 classes |
| Collège Le Mont d’Or | -1 classe |
Au bilan, malgré cinq ouvertures, la suppression d’une division pèse dans le comptage global. Pour la FSU, l’addition reste négative à l’échelle du département.
« Rentrée catastrophique » : la lecture syndicale des chiffres
« Ils en avaient tellement supprimé au départ que ça reste une rentrée catastrophique pour nous. »
La fédération fait ses comptes : au final, cela équivaudrait à trois classes en moins à la rentrée prochaine dans les collèges bas-alpins. Un recul que la FSU replace dans un cadre plus large, celui des effectifs par classe et des comparaisons européennes. Le syndicat rappelle qu’en moyenne, l’Europe compte 21 élèves par classe.
Rapportée au 04, la situation est jugée préoccupante. Les représentants syndicaux estiment qu’il manquerait 40 classes dans le département pour atteindre cette moyenne. Autre point de friction : bien que l’administration anticipe 35 élèves en moins à la rentrée, le nombre de divisions continuerait, selon eux, de diminuer.
Ce que cela change pour les familles et les équipes
Concrètement, ces choix pèseraient sur la vie des établissements. La FSU redoute une tension accrue sur les emplois du temps, des groupes plus chargés en collège et des marges de manœuvre pédagogiques réduites pour les projets ou l’accompagnement. Les équipes enseignantes, elles, craignent des conditions d’exercice dégradées. Du côté des parents, les enjeux sont quotidiens : suivi des apprentissages, soutien personnalisé, et dynamique de classe.
- Rééquilibrage partiel des moyens, mais solde encore négatif selon la FSU.
- Des collèges identifiés avec des ouvertures, un établissement où une classe est retirée.
- Un différentiel persistant avec la moyenne européenne des effectifs.
Une séquence loin d’être close
Si la réunion à la DSDEN marque une étape, elle ne met pas fin aux interrogations. Les syndicats entendent maintenir la pression et suivre l’atterrissage des dotations dans chaque collège. Après un printemps de mobilisation, la rentrée s’annonce sous surveillance, avec un point d’attention particulier sur les établissements de Sainte-Tulle, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier, Digne-les-Bains et le collège Le Mont d’Or.
Pour les familles, l’enjeu est désormais de se rapprocher de leur établissement pour connaître les compositions de classes qui seront arrêtées cet été. Les personnels, eux, attendent la consolidation des services et des heures pour caler projets et accompagnements. Une équation sensible, alors que la FSU juge que les ajustements en cours ne rattrapent pas les suppressions décidées en amont.