Un lien patrimonial et humain qui traverse les siècles
La relation entre Colmar et les États-Unis ne tient pas du folklore : elle s'appuie sur des faits historiques et des attaches familiales qui ont façonné l'identité locale. Dans un entretien donné à Opinion Internationale, Éric Straumann, maire de la ville, rappelle que la présence américaine dans la mémoire colmarienne va bien au-delà d'une simple anecdote touristique.
Au cœur de ce lien, il y a d'abord Auguste Bartholdi, natif de Colmar et créateur de la Statue de la Liberté. « La Statue de la Liberté, œuvre colmarienne de Bartholdi, survivra aux présidents américains » : cette formule, qui sert de soubassement à l'entretien, souligne la pérennité d'un héritage artistique et symbolique porté par la ville.
« Colmar entretient des liens très forts avec les États-Unis. Nous sommes notamment jumelés avec Princeton et nous avons une histoire commune ancienne. »
Parmi les autres points mis en avant par l'édile, le jumelage avec Princeton et l'histoire migratoire des années 1840-1860. Straumann rappelle que de nombreux Alsaciens, après un passage à Colmar, ont embarqué vers l'Amérique — souvent via Le Havre ou un port de la mer du Nord — pour s'installer, notamment au Texas. Ces départs s'expliquaient par la pression démographique locale et les promesses de terres à cultiver outre-Atlantique.
De l'Hôtel des Clefs aux liens touristiques contemporains
Le maire mentionne aussi un lieu précis de la mémoire colmarienne : l'Hôtel des Clefs sur la rue des Clefs, lieu d'étape avant le départ pour l'Amérique. Ces itinéraires migratoires ont contribué à tisser des ponts humains durables entre Colmar et des villes américaines comme Castroville (Texas), cité explicitement dans l'entretien comme destination d'anciens émigrants alsaciens.
Ces strates d'histoire expliquent en partie pourquoi les États-Unis représentent aujourd'hui une part importante des visiteurs de la ville : le maire note une fréquentation américaine en très forte progression, reflet de l'intérêt pour l'histoire de Bartholdi et pour les traces matérielles et mémorielles liant Colmar à l'Outre-Atlantique.
| Événement | Date mentionnée |
|---|---|
| Libération de Colmar | 2 février 1945 |
| Anniversaires célébrés aux États-Unis | Centenaire et 125e anniversaire |
| Anniversaire évoqué | 250e de la Déclaration d'indépendance |
Straumann rappelle par ailleurs la place qu'occupe Colmar dans les commémorations liées à la Statue de la Liberté : la ville a été invitée pour le centenaire et le 125e anniversaire du monument, signe d'une reconnaissance transatlantique durable.
Conséquences locales et perspectives
Concrètement, ces liens patrimoniaux nourrissent l'attractivité touristique de Colmar et renforcent les coopérations culturelles et municipales. L'annonce prochaine d'une délégation de Castroville illustre la continuation de ces échanges. Pour la ville, il s'agit d'un patrimoine vivant qui alimente à la fois l'économie locale (par le tourisme) et la diplomatie culturelle.
- La figure de Bartholdi reste un atout majeur pour le rayonnement international de Colmar.
- La mémoire des migrations XIXe siècle continue d'alimenter les relations avec des villes américaines.
- La libération de 1945 participe aussi à l'attachement américain à la cité.
Au fil des années, ces multiples strates — artistique, migratoire, militaire — font de Colmar une petite capitale des relations franco-américaines à l'échelle locale. La ville, par son histoire, conserve ainsi un rôle unique : celui d'un lieu de mémoire où se rencontrent des trajectoires individuelles et des symboles universels.
Éric Straumann encourage ces rendez-vous avec l'étranger, considérant que l'héritage de Bartholdi et la mémoire des émigrations sont des leviers pour la culture et le tourisme de Colmar. Reste à transformer ces ressources historiques en initiatives durables, capables de faire vivre le lien avec les États-Unis sans le réduire à des commémorations ponctuelles.