Une fédération secouée, la préfecture saisie
La Fédération départementale des chasseurs de Guadeloupe (FDCG) traverse une période de tensions qui ne se dénoue pas. Deux mois après une assemblée générale où les comptes ont été refusés, un groupe d'adhérents, réuni sous la bannière du Collectif des chasseurs sentinelles, a officiellement demandé au préfet de la Guadeloupe qu'un audit soit diligenté portant sur les trois derniers exercices.
Dans un courrier daté du 1er juillet, les 124 signataires appellent à « faire toute la lumière sur la gestion des affaires de la Fédération départementale des chasseurs de Guadeloupe et rétablir la nécessaire confiance ». Ils mettent en avant plusieurs éléments chiffrés qui nourrissent leur inquiétude : un rejet des comptes 2024-2025 et du budget prévisionnel 2026-2027 lors de l'assemblée du 9 mai, une divergence entre deux versions des comptes annuels évaluée à 500 000 euros et des placements jugés risqués qui auraient entraîné une perte sèche de 780 000 euros.
- 124 contestataires mobilisés
- Comptes 2024-2025 et budget 2026-2027 rejetés (AG du 9 mai)
- Écarts relevés : 500 000 € ; pertes liées à des placements : 780 000 €
Réactions : la préfecture attend des éléments, la présidence se défend
Le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, confirme avoir reçu la demande. Selon ses services, il attend désormais le résultat de l'enquête confiée à l'administration pour se prononcer sur la suite à donner. Du côté de la direction, le président de la FDCG, Louis Raphaël Morton, reconnaît le courrier et rappelle que, malgré les tensions, les salaires et les charges sont payés et que les missions institutionnelles se poursuivent.
« les salaires et les charges sont payés pendant les aboiements du dehors »
La présidence met aussi en avant un indicateur d'activité : la fédération a validé plus de 200 permis, un chiffre présenté comme un record depuis 2022.
Procédures et tensions antérieures
Cette démarche des contestataires fait suite à d'autres actions. Le 11 juin, vingt-cinq chasseurs avaient adressé une sommation interpellative à la présidence, demandant des éclaircissements et la communication de pièces concernant les placements financiers et des travaux au siège. La réponse de la direction est datée du 12 juin.
| Date | Événement |
|---|---|
| 9 mai | Assemblée générale : comptes 2024-2025 et budget 2026-2027 rejetés |
| 11 juin | Sommation interpellative de 25 chasseurs |
| 12 juin | Réponse de la présidence |
| 1er juillet | Courrier de 124 contestataires au préfet demandant un audit |
Enjeux locaux et conséquences
Au-delà du litige comptable, c'est la confiance entre adhérents et dirigeants qui est en jeu. La fédération gère des missions pratiques — examens du permis de chasse, délivrance et validation de permis — qui concernent directement des centaines de personnes et des territoires ruraux de l'archipel. Les contestations répétées et la demande d'audit révèlent une inquiétude des chasseurs quant à la transparence de la gouvernance et à la pérennité des actions locales.
Les prochaines étapes sont clairement administratives : le résultat de l'enquête préfectorale et, possiblement, la réalisation d'un audit indépendant. Les chasseurs attendent des réponses précises sur les écarts et les pertes financières alléguées. En l'état, la situation fragilise la fédération et mobilise une part significative de ses membres.
La population locale suivra de près l'issue de cette procédure, car elle a des implications sur la gestion des activités cynégétiques et sur la capacité de la FDCG à mener ses missions dans les mois à venir.