Une réunion d'urgence à la CTM pour réorganiser le réseau
Une réunion convoquée ce vendredi à l'hôtel de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), à Cluny, a rassemblé les principaux acteurs en charge du transport public local afin d'examiner la crise qui affecte le fonctionnement des lignes de l'île. Autour de Serge Letchimy et d'Arnaud René-Corail (président de Martinique Transport), étaient présents des représentants des intercommunalités — CAP Nord, CACEM et l'Espace Sud — ainsi que plusieurs maires concernés.
À l'ordre du jour, deux priorités ont été actées : garantir le transport scolaire pour la rentrée et lancer une réorganisation en profondeur du modèle de financement et du réseau. Ces décisions interviennent alors que, depuis plusieurs semaines, le service public subit d'importantes perturbations, notamment dans le Sud avec le réseau SudLib.
Un déséquilibre financier jugé insoutenable
Le diagnostic posé par Martinique Transport est sans appel : les recettes commerciales atteignent environ 11 millions d'euros, tandis que le coût total du service est estimé à 230 millions d'euros. Face à cet écart structurel, les élus cherchent des solutions qui mêlent efforts publics, réorganisation opérationnelle et, éventuellement, une contribution accrue des usagers.
"Nous demandons effectivement à la population martiniquaise, quand vous entrez dans un bus, de participer au paiement du ticket. Si ces personnes veulent continuer à utiliser les transports, il y aura une participation de leur part."
Cette phrase, prononcée par Arnaud René-Corail lors des échanges, illustre la volonté de reposer une part du financement sur une augmentation des recettes commerciales. La piste d'une hausse des recettes tarifaires n'est toutefois pas présentée comme la seule solution : les élus évoquent aussi une refonte des circuits, une meilleure gouvernance et la coordination entre collectivités.
- Priorité immédiate : assurer la desserte scolaire à la rentrée.
- Restructuration : repenser le modèle organisationnel et financier du transport.
- Participation : envisager une montée en charge des recettes commerciales, incluant la contribution des usagers.
Pour les représentants de l'Espace Sud, comme pour d'autres intercommunalités, l'union des territoires est indispensable pour imaginer des solutions durables et mutualisées. Le débat dépasse désormais les aspects techniques : il engage des choix politiques sur la priorité donnée au service public, la tarification et les capacités financières de la Collectivité territoriale.
| Indicateur | Montant (approx.) |
|---|---|
| Recettes commerciales | 11 M€ |
| Dépenses totales | 230 M€ |
Les conclusions de cette réunion doivent déboucher sur un calendrier de mesures et, probablement, sur des arbitrages budgétaires à l'échelle de la CTM et des agglomérations. Pour les usagers, l'enjeu est concret : stabiliser la fréquentation des lignes et retrouver une offre régulière et fiable. La Collectivité a annoncé qu'elle maintiendrait des échanges avec la population et les acteurs du secteur afin de co-construire les solutions envisagées.
Sur le terrain, les familles, les travailleurs et les élèves attendent des réponses rapides. La rentrée scolaire constitue désormais la date butoir pour que des mesures tangibles soient mises en œuvre.