Un artiste né au Lamentin, décédé à Abidjan
Mathieu-Jean Gensin, peintre martiniquais né au Lamentin, est décédé le 1er juillet 2026 à Abidjan (Côte d’Ivoire), à l’âge de 92 ans. Formé à l’École des Arts appliqués de Fort-de-France, aux Arts Décoratifs de Nice et aux Beaux-Arts de Paris, il a choisi de s’installer en Côte d’Ivoire en 1960, où il s’est imposé comme une personnalité majeure de la scène artistique contemporaine.
Son parcours incarne un aller-retour culturel entre la Caraïbe et l’Afrique : à travers une œuvre picturale singulière, il a cherché à tisser un langage nourri à la fois par ses racines caribéennes et par l’imaginaire africain rencontré à Abidjan. Ses toiles, exposées notamment à la Galerie Eurêka, ont souvent été présentées comme des récits de quête identitaire et de transmission.
Un acteur de l’École négro‑caraïbe et du mouvement ivoirien
Aux côtés des Martiniquais Serge Hélénon et Louis Laouchez, il a participé en 1970 à la création de l’École négro‑caraïbe, courant artistique qui a influencé l’émergence du mouvement Vohou‑Vohou en Côte d’Ivoire. Ce courant se distingue par l’usage de matériaux recyclés et la réinterprétation d’objets « désuets » pour renouer avec des formes narratives ancrées dans la tradition.
« Artiste visionnaire, bâtisseur de ponts entre les cultures caribéenne et africaine, Mathieu-Jean Gensin, laisse un héritage artistique et humain considérable. » — Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d'Ivoire
Transmission et humanité
Les témoignages évoquent sa bienveillance, son sourire chaleureux et son attachement à la transmission : professeurs, élèves et amateurs d’art à Abidjan gardent le souvenir d’un mentor attentif. À la Galerie Eurêka, ses œuvres ont été décrites comme autant d’intermèdes où se lisent la recherche des origines et le geste pictural posé.
- Naissance : Le Lamentin (date non précisée dans la source)
- Installation en Côte d’Ivoire : 1960
- Participation à la création de l’École négro‑caraïbe : 1970
- Décès : 1er juillet 2026, Abidjan, à 92 ans
| Étape | Lieu / Institution |
|---|---|
| Formation | École des Arts appliqués (Fort-de-France), Arts Décoratifs (Nice), Beaux-Arts (Paris) |
| Carrière | Abidjan — Galerie Eurêka et scène contemporaine ivoirienne |
| Courant | École négro‑caraïbe / influence sur Vohou‑Vohou |
Son décès rappelle la trajectoire de nombreux créateurs antillais qui, au XXe siècle, ont choisi l’Afrique comme terre d’expression et de coopération culturelle. Pour la Martinique, la disparition de ce Lamentinois installé à Abidjan renvoie à une histoire partagée, faite d’échanges et de ponts artistiques.
À l’heure où la mémoire des artistes diasporiques est souvent fragmentaire, la conservation et la mise en lumière de son œuvre poseront des questions pratiques : inventaire des toiles, expositions rétrospectives et transmission aux nouvelles générations. Les acteurs culturels locaux et ivoiriens auront à cœur de préserver cet héritage qui traverse l’Atlantique.
Des informations sur les obsèques ou les hommages institutionnels n’ont pas été précisées dans la source initiale.