Une audience renvoyée, des questions de recevabilité
La cour d'appel de Fort-de-France a examiné, jeudi 9 juillet, la recevabilité de l'appel formé par Claude Gelbras contre sa condamnation pour diffamation à l'encontre de son beau-frère, le professeur Aimé Charles-Nicolas. Les magistrats n'ont pas rendu de décision au terme de l'audience et ont mis leur délibéré au 16 juillet.
Le litige trouve son origine dans des courriels envoyés en 2020 par Claude Gelbras, dans lesquels il accusait le professeur Charles-Nicolas d'être « un violeur » et « un pédophile » après la participation de ce dernier à la cérémonie des Talents de l'Outre-mer. Ces propos avaient donné lieu à une plainte en diffamation et à une condamnation en première instance.
« un violeur » et « un pédophile »
En 2024, la sœur d'Aimé Charles-Nicolas, Paule Gelbras Charles-Nicolas, a déposé à Paris une plainte pour des faits d'inceste datant, selon elle, de 1954, lorsque les protagonistes étaient enfants. Cette plainte est toujours en cours d'instruction, selon les éléments communiqués au dossier. La coexistence de ces deux procédures — pénale pour les faits anciens et civile pour la diffamation — complexifie l'examen judiciaire.
En première instance, Claude Gelbras avait été reconnu coupable et condamné à une amende de 5 000 euros dont 2 000 euros avec sursis, et à verser 4 000 euros de dommages et intérêts à Aimé Charles-Nicolas. C'est cette sanction qui fait l'objet de l'appel déposé en 2025. Selon la défense — représentée par Maître Louis Boutrin — la plainte en diffamation serait en réalité frappée de prescription, ce qui, si validé, rendrait l'action irrecevable et l'appel superflu.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Condamnation | 5 000 € (dont 2 000 € avec sursis) |
| Dommages et intérêts | 4 000 € |
| Date de dépôt de l'appel | 2025 |
| Prochaine décision | 16 juillet |
La cour a indiqué que des problèmes matériels avaient retardé la transmission du dossier à l'instance d'appel, ce qui a pu influencer l'examen de la recevabilité. Ce point procédural est central : si l'appel est déclaré irrecevable pour raison de prescription ou de saisine tardive, les conséquences juridiques et financières pesant sur les parties seraient définitivement fixées sans nouvel examen au fond.
- La procédure pénale liée aux accusations d'inceste reste en cours, instruite à Paris.
- La question de la prescription est au cœur du débat sur la recevabilité de la plainte en diffamation.
- Un délibéré est attendu le 16 juillet par la cour d'appel de Fort-de-France.
Pour les observateurs locaux, cette affaire illustre la manière dont des conflits familiaux et des accusations graves, parfois anciennes, peuvent déboucher sur des procédures parallèles et sur des débats techniques de droit qui retardent la mise au clair des responsabilités. Les décisions à venir intéresseront les protagonistes mais aussi ceux qui suivent les interactions entre sphère publique et intime dans la vie sociale martiniquaise.