Une rupture qui fragilise des exploitations locales
Le 3 septembre, Danone a officialisé la fin de sa collaboration avec l’usine de Ferrières‑en‑Bray, en Seine‑Maritime. La nouvelle a été reçue comme un choc par une douzaine d’éleveurs qui fournissaient du lait écrémé à l’usine. Pour ces producteurs, l’arrêt de la collecte engage des conséquences financières et organisationnelles immédiates.
Dans un communiqué, le syndicat Jeunes Agriculteurs de Seine‑Maritime a dénoncé une décision « un coup de poignard dans le dos », exprimant colère et inquiétude face à une rupture de contrat perçue comme brutale.
« Un coup de poignard dans le dos »
Une stratégie industrielle pointée du doigt
Les explications avancées par certains représentants agricoles convergent vers une décision industrielle visant à standardiser les approvisionnements. François Moreau, trésorier de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et producteur, évoque cette logique de standardisation comme moteur du choix du groupe. Selon Anatole Eudier, administrateur des Jeunes Agriculteurs de Seine‑Maritime, Danone ne souhaite plus que l’on « mélange du lait écrémé cru avec du lait entier dans la citerne du camion qui collecte ».
Quelles alternatives pour les producteurs concernés ?
Danone affirme avoir proposé aux producteurs affectés la possibilité de poursuivre une collaboration sous la forme de collecte de lait entier. Reste à savoir si cette option est économiquement viable pour les exploitations concernées et compatible avec leurs pratiques actuelles.
- Nombre de producteurs concernés : 12
- Usine : Ferrières‑en‑Bray (Seine‑Maritime)
- Date de l’annonce : 3 septembre
| Élément | Informations connues |
|---|---|
| Entreprise | Danone |
| Site | Ferrières‑en‑Bray |
| Producteurs signalés | 12 |
Un impact local au‑delà des exploitations
Au‑delà des fermes directement touchées, l’arrêt de la collecte peut avoir un effet d’entraînement sur les filières d’approvisionnement locales, les emplois liés au transport et les activités sous‑traitées. Dans un territoire où l’agriculture demeure une composante importante du tissu économique, la disparition d’un débouché industriel interroge sur la résilience des exploitations face aux choix stratégiques des grands groupes agroalimentaires.
Les prochaines étapes et les points de vigilance
Les syndicats locaux ont déjà exprimé leur volonté de peser dans les discussions. Les producteurs concernés devront évaluer l’offre de Danone pour la collecte de lait entier, rechercher d’autres débouchés ou adapter leurs systèmes de production. Les collectivités locales et les chambres d’agriculture pourraient être sollicitées pour accompagner ces exploitations dans leurs démarches de reconversion ou de diversification commerciale.
Sur le court terme, la priorité sera de sécuriser les revenus des exploitations touchées et d’éviter des ruptures de trésorerie. Sur le moyen terme, cet épisode relance le débat sur la dépendance des producteurs aux stratégies industrielles des donneurs d’ordre et sur la nécessité de dispositifs locaux pour renforcer l’autonomie des filières laitières.