Un été sous surveillance pour la ressource en eau
La préfecture de la Seine‑Maritime a publié, mardi 7 juillet, une mise en garde sur l'état des nappes phréatiques du département alors que la saison estivale débute. La nappe de l'Austreberthe est identifiée comme la plus dégradée du territoire, et le seuil de vigilance a été franchi à Motteville. Deux autres secteurs — la Bresle et le Pays de Bray — sont également signalés pour leur fragilité.
"Trois secteurs se distinguent par une fragilité particulière"
Les autorités expliquent que la situation 2026 est moins favorable qu'en 2024 et 2025, en raison de deux hivers de recharge déficitaires qui ont pesé sur les nappes profondes. Sur le plan local, ces tendances rapprochent la situation de celle observée en 2022, année marquée par des dépassements généralisés des seuils d'alerte.
Pourquoi ces zones sont-elles vulnérables ?
- Austreberthe : baisse significative du niveau général de la nappe, avec franchissement du seuil de vigilance à Motteville.
- Bresle : perte de niveau accélérée en période sèche, en partie liée aux anciennes ballastières (extractions de granulats) qui perturbent la réserve en eau.
- Pays de Bray : absence de nappes profondes le rendant fortement dépendant de la pluviométrie estivale.
La préfecture insiste sur la nécessité d'une surveillance renforcée. Si la situation n'est « pas critique à ce stade », elle nécessite toutefois une attention particulière pour éviter des restrictions d'usage ou des tensions sur l'approvisionnement local.
Conséquences et gestes à adopter
Un niveau de nappe bas peut entraîner, selon l'évolution, des mesures locales limitant certains usages (irrigation, remplissage de piscines, arrosage des espaces verts), sans qu'aucune décision coercitive n'ait été annoncée à ce jour. Les agriculteurs, collectivités et usagers domestiques sont invités à limiter les prélèvements non essentiels et à adopter des pratiques d'économie d'eau.
| Secteur | Problème identifié |
|---|---|
| Austreberthe | nappe la plus dégradée ; vigilance franchie à Motteville |
| Bresle | baisse accélérée en période sèche, impact des ballastières |
| Pays de Bray | absence de nappes profondes ; forte dépendance à la pluie estivale |
Sur le terrain, les services de l'Etat poursuivront les mesures de suivi hydrologique afin d'ajuster, si besoin, les consignes et restrictions. Pour les habitants, quelques gestes simples contribuent à préserver la ressource : limiter l'arrosage aux heures fraîches, privilégier le paillage des sols, réparer les fuites et différer le remplissage des bassins non indispensables.
Cette vigilance arrive parallèlement à des alertes météorologiques pour fortes chaleurs : la combinaison chaleur et nappes basses peut, par ricochet, accroître le stress sur la demande en eau. Les prochains relevés hivernaux et la pluviométrie estivale détermineront l'ampleur des mesures à venir.
La préfecture rappelle qu'elle informera les collectivités et la population si des décisions locales de restriction doivent être mises en place.