Une étape décisive pour la raffinerie de cobalt et nickel en Gironde
La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a signé mardi l'arrêté d'autorisation environnementale permettant l'implantation de l'usine portée par la société Electro Mobility Materials Europe (Emme) sur le site portuaire de Grattequina, à la frontière entre Blanquefort et Parempuyre. Cette décision confirme l'aboutissement de l'instruction administrative et ouvre la voie à la réalisation d'une unité de conversion de cobalt et de nickel destinée à alimenter les batteries de véhicules électriques, avec une mise en service envisagée à l'horizon 2029.
L'arrêté fait suite à l'avis favorable rendu par le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) le 4 juin. La préfecture indique que le projet «
répond aux exigences réglementaires» et met en avant son rôle dans le développement de la filière française de l'électromobilité ainsi que son impact économique local : 500 emplois annoncés, dont 200 emplois directs dans le bassin d'emploi.
Gestion des risques et mesures environnementales
L'usine Emme sera classée Seveso seuil haut, ce qui implique un encadrement strict des risques technologiques. L'autorisation préfectorale intègre plusieurs volets de maîtrise des impacts :
- reconstitution et suivi des zones humides pendant 30 ans ;
- encadrement des prélèvements et de la gestion de l'eau ;
- limitation et surveillance des émissions atmosphériques ;
- dispositifs spécifiques pour le risque d'inondation et le risque incendie ;
- mise en place d'une commission de suivi de site avant la mise en service.
Ces mesures visent à répondre aux préoccupations exprimées par des associations et des riverains, qui s'inquiètent des conséquences environnementales et sanitaires d'une installation industrielle de cette nature. Le classement Seveso et les prescriptions associées imposeront des obligations opérationnelles et de transparence aux exploitants.
Un projet portuaire, industriel et stratégique
Le choix du site de Grattequina s'inscrit dans une logique logistique et industrielle : proximité du port, accès aux réseaux et possibilité d'inscrire l'activité dans une filière de recyclage et de production pour les batteries. Pour les autorités, l'implantation renforce la capacité nationale à traiter les métaux critiques nécessaires à l'électromobilité.
| Élément | Information |
|---|---|
| Mise en service prévue | 2029 |
| Emplois annoncés | 500 (dont 200 directs) |
| Statut industriel | Seveso seuil haut |
| Suivi environnemental | Zones humides reconstituées et suivies 30 ans |
Questions locales et perspectives
Sur le terrain, le projet devra convaincre au-delà de l'administration : élus locaux, chambres consulaires et collectifs citoyens seront attentifs à la mise en œuvre effective des engagements. La commission de suivi annoncée constituera un cadre d'échange et de contrôle pendant la phase d'exploitation. Par ailleurs, l'effet sur l'emploi local et les sous-traitances industrielles pourrait soutenir l'activité économique du territoire si les engagements sociaux et environnementaux sont respectés.
Reste à observer les prochaines étapes : obtention des autres autorisations opérationnelles, travaux préparatoires, et calendrier précis des recrutements. Au-delà de la partie administrative franchie cette semaine, la conduite du projet sur le long terme déterminera son acceptation et son impact réel sur la Gironde.
Pierrick Vauthier
Correspondant InfoRadar, Gironde